17 juin 2009
Sans titre
Ce soir, avec Coline, on a voulu faire les warriors, celles qui n'ont peur de rien, les femmes modernes du XXIème siècle, battantes et combatives. Sauf, qu'avec Coline, on est un peu sensibles quand même. Une femme qui pleure n'est pas forcément une femme qui manigance...
Depuis hier, je sais que nous irons voir Antichrist. Par curiosité. Pour se faire un avis. Déjà, en sortant du bureau, je sens la pression monter. Première fois de ma vie que j'arrive au ciné paniquée. J'ai déjà peur de ce que je vais voir. Et j'ai raison. Je passe les trois-quarts du film recroquevillée sur mon siège, souvent sous mon manteau qui me sert de masque, les oreilles bouchées aussi parfois, lorsque les cris dépassent ma limite du supportable. Pourtant, j'en ai déjà vu des films qui m'ont marquée, plutôt choquée. Je crois que le premier, c'était Seven, quand j'avais dix ans. La violence physique ne me perturbe d'habitude pas. Je n'aime juste pas la voir. Mais quand elle se même à la violence psychologique, à ce que l'homme, ici la femme, a de plus diabolique en lui, alors là, la violence prend une autre tournure. A ce moment précis, repliée sur moi-même, je rêve d'être dans mon lit, dans les bras de quelqu'un que je connaîtrais bien, comme au réveil après un vilain cauchemar. Tout ça n'a pas existé. Je me force à scruter les autres inconscients de la salle pour bien me rappeler que je suis dans une salle de ciné. Je me force à rester. Je crois que je suis un peu maso de temps en temps.
Je ressors le coeur soulevé avec cette impression désagréable de nausée qui ne m'avait plus hantée depuis mon retour de Delhi. Dans les rues qui me mènent jusqu'à Barbès, je marche droit, le regard figé, presque décomposé. Y en a qui auraient voulu capter un regard, peut-être un bonsoir. De toute façon, je n'entends rien. Désolée, mais pas ce soir, vraiment. Je m'engouffre dans le métro, comme anesthésiée. Drôle de soirée, drôle de curiosité...
Ce n'est pas un film qui fait peur. C'est plus profond que ça. Comme une angoisse bien décidée à s'installer au plus profond de moi. Surtout lorsque je me dis qu'il existe des personnes assez déséquilibrées pour imaginer tout ça. Il y a peut-être des Lars Von Trier cachés partout dans les rues de Paris.
Alors vraiment, et je reprends ici le conseil avisé d'une de mes amies, si c'est juste par curiosité, vous n'êtes vraiment pas obligés... La curiosité peut être un bien vilain défaut, parfois...
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