28 juin 2009
Un après-midi de juin au Luxembourg
Ce n'est pas Lars von Trier mais un grand malade quand même que j'ai rencontré cet après-midi. Chaleur estivale et francs rayons de soleil qui me réveillent de bonne heure. Je file au Luxembourg. Logique. Coca light, musique très fort dans mon casque, chaise longue, Marlboro light à portée de main. Logique aussi. Un gros dégueulasse s'assoit pile en face de moi, le soleil dans le dos donc. Logique ?? Il tente un eye contact que je me refuse de lui donner. Toujours logique. Et puis, comme prévu, d'un coup il se lève, déplace sa chaise et se pose juste à côté de moi pour entamer la convers. Je crois qu'il n'a pas bien saisi que si je viens ici, de surcroît avec mon casque sur les oreilles, c'est peut-être que je veux être tranquille. Non, cette idée très logique n'a pas du lui traverser l'esprit. Et là, commence un long monologue car, bien sûr, je ne réponds pas à ses interrogations. Pas trop envie de refaire le monde avec lui. Les compliments lourdaux commencent : vous savez que vous avez de très beaux pieds.... ?! Alors, non, celle-là vraiment on ne me l'avait jamais faite. Comme quoi, y a des mecs qui essayent encore d'innover. Une bonne heure de banalités et de questions à la con auxquelles je réponds furtivement par un hochement de tête. Apparemment, j'ai un regard franc... Qu'il ne me demande pas trop d'être franche, parce que là, il risque de passer un sale quart d'heure.
Il s'apprête à me quitter, à plusieurs reprises, mais semble toujours trouver un nouveau sujet pour rebondir... Encore juste cinq minutes... Vous êtes verseau ? Euh, oui... jusque-là, rien de très dingue, il avait une chance sur douze... Et puis quelques minutes plus tard : Vous vous appelez Mélanie, n'est-ce-pas ? Alors là, gros flip, plus rien de logique du tout. Oui, c'est ça, au revoir, je n'ai pas envie d'en savoir plus. Apparemment, il a l'air tout fier de sa trouvaille. Il commence à me sortir un long discours sur la magie, les intuitions, la télépathie et tout ce genre de conneries. Sauf que moi, j'ai eu très très peur alors je me suis vite enfuie.
17 juin 2009
Sans titre
Ce soir, avec Coline, on a voulu faire les warriors, celles qui n'ont peur de rien, les femmes modernes du XXIème siècle, battantes et combatives. Sauf, qu'avec Coline, on est un peu sensibles quand même. Une femme qui pleure n'est pas forcément une femme qui manigance...
Depuis hier, je sais que nous irons voir Antichrist. Par curiosité. Pour se faire un avis. Déjà, en sortant du bureau, je sens la pression monter. Première fois de ma vie que j'arrive au ciné paniquée. J'ai déjà peur de ce que je vais voir. Et j'ai raison. Je passe les trois-quarts du film recroquevillée sur mon siège, souvent sous mon manteau qui me sert de masque, les oreilles bouchées aussi parfois, lorsque les cris dépassent ma limite du supportable. Pourtant, j'en ai déjà vu des films qui m'ont marquée, plutôt choquée. Je crois que le premier, c'était Seven, quand j'avais dix ans. La violence physique ne me perturbe d'habitude pas. Je n'aime juste pas la voir. Mais quand elle se même à la violence psychologique, à ce que l'homme, ici la femme, a de plus diabolique en lui, alors là, la violence prend une autre tournure. A ce moment précis, repliée sur moi-même, je rêve d'être dans mon lit, dans les bras de quelqu'un que je connaîtrais bien, comme au réveil après un vilain cauchemar. Tout ça n'a pas existé. Je me force à scruter les autres inconscients de la salle pour bien me rappeler que je suis dans une salle de ciné. Je me force à rester. Je crois que je suis un peu maso de temps en temps.
Je ressors le coeur soulevé avec cette impression désagréable de nausée qui ne m'avait plus hantée depuis mon retour de Delhi. Dans les rues qui me mènent jusqu'à Barbès, je marche droit, le regard figé, presque décomposé. Y en a qui auraient voulu capter un regard, peut-être un bonsoir. De toute façon, je n'entends rien. Désolée, mais pas ce soir, vraiment. Je m'engouffre dans le métro, comme anesthésiée. Drôle de soirée, drôle de curiosité...
Ce n'est pas un film qui fait peur. C'est plus profond que ça. Comme une angoisse bien décidée à s'installer au plus profond de moi. Surtout lorsque je me dis qu'il existe des personnes assez déséquilibrées pour imaginer tout ça. Il y a peut-être des Lars Von Trier cachés partout dans les rues de Paris.
Alors vraiment, et je reprends ici le conseil avisé d'une de mes amies, si c'est juste par curiosité, vous n'êtes vraiment pas obligés... La curiosité peut être un bien vilain défaut, parfois...
08 juin 2009
Mes questions sur... Cuba
Après Beyrouth, Alger, le Niger, Serge Moati traverse l'Atlantique pour découvrir la réalité actuelle de Cuba et de ses habitants, dans son reportage Mes questions sur... Cuba, diffusé hier sur France 5. Comme un carnet de voyage, presque un journal intime, ce documentaire nous entraîne dans la profondeur de Cuba, dans les profondes pensées de Serge Moati. Avec un ton très personnel, presque familier, il nous emmène dans ses questionnements sans réponse sur l'avenir de Cuba, de cette île emprisonnée depuis 50 ans, de cette île où « on a faim mais où on ne meurt pas de faim ». Des images sans parole de La Havane, des paroles avec des visages de Cubains. Nostalgiques, mélancoliques, un peu déçus aussi. Un peu las de tous ces efforts, de ces souffrances, face à leurs rêves d'une révolution inachevée qui s'essouffle. Dans ce pays où « chacun doit rêver comme les autres », chaque Cubain croit pourtant encore à son combat. Malgré l'absence d'opposition, les tickets de rationnement, le manque de nourriture et d'infrastructure, chaque Cubain croit encore au beau projet du Che. Rêver un monde nouveau, différent. Les jeunes générations en uniforme entonnent encore les préceptes du communisme cubain, du catéchisme révolutionnaire : « révolution de tous et pour le bien de tous. C'est changer tout ce qui doit être changé. C'est liberté et égalité totales. C'est être traité et traiter les autres comme des être humains ». Interrogé sur l'absence de liberté de la presse, un Français exilé converti répond sans scrupule : « qui a les moyens de se payer la presse ? Et quand il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de papier ni d'encre »… Paradoxe et confusion pour une nation qui se transforme, qui évolue, qui ne veut pas oublier. En mélangeant images d'archives et portraits de citoyens, Moati n'apporte pas de réponse, il pose juste des questions. Peut-être les bonnes… Après Londres, Delhi, Bénarès, Calcutta, Bombay et peut-être l'Iran, une belle destination à découvrir... !






















