29 novembre 2009
Away we go
Le réalisateur des Noces Rebelles a de nouveau frappé. Devenu maître des films sur le sens profond de la vie, et notamment de la vie à deux, Sam Mendès propose un road movie poignant, presque bouleversant. Rare sont les films qui parviennent à tout remettre en question en quelques dizaines de minutes. Away we go en fait partie.
Des questions pourtant simples que je ne suis visiblement pas la seule à me poser... Faut-il partir toujours et encore pour enfin ressentir l'envie et le besoin de revenir ? Faut-il se forcer à ne pas avoir d'attache pour pouvoir enfin apprécier le peu de choses qui nous attendent ?
08 juin 2009
Mes questions sur... Cuba
Après Beyrouth, Alger, le Niger, Serge Moati traverse l'Atlantique pour découvrir la réalité actuelle de Cuba et de ses habitants, dans son reportage Mes questions sur... Cuba, diffusé hier sur France 5. Comme un carnet de voyage, presque un journal intime, ce documentaire nous entraîne dans la profondeur de Cuba, dans les profondes pensées de Serge Moati. Avec un ton très personnel, presque familier, il nous emmène dans ses questionnements sans réponse sur l'avenir de Cuba, de cette île emprisonnée depuis 50 ans, de cette île où « on a faim mais où on ne meurt pas de faim ». Des images sans parole de La Havane, des paroles avec des visages de Cubains. Nostalgiques, mélancoliques, un peu déçus aussi. Un peu las de tous ces efforts, de ces souffrances, face à leurs rêves d'une révolution inachevée qui s'essouffle. Dans ce pays où « chacun doit rêver comme les autres », chaque Cubain croit pourtant encore à son combat. Malgré l'absence d'opposition, les tickets de rationnement, le manque de nourriture et d'infrastructure, chaque Cubain croit encore au beau projet du Che. Rêver un monde nouveau, différent. Les jeunes générations en uniforme entonnent encore les préceptes du communisme cubain, du catéchisme révolutionnaire : « révolution de tous et pour le bien de tous. C'est changer tout ce qui doit être changé. C'est liberté et égalité totales. C'est être traité et traiter les autres comme des être humains ». Interrogé sur l'absence de liberté de la presse, un Français exilé converti répond sans scrupule : « qui a les moyens de se payer la presse ? Et quand il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de papier ni d'encre »… Paradoxe et confusion pour une nation qui se transforme, qui évolue, qui ne veut pas oublier. En mélangeant images d'archives et portraits de citoyens, Moati n'apporte pas de réponse, il pose juste des questions. Peut-être les bonnes… Après Londres, Delhi, Bénarès, Calcutta, Bombay et peut-être l'Iran, une belle destination à découvrir... !
17 mars 2009
Gran Torino
J'avais vu la bande-annonce plusieurs fois. Sans succès... J'avais lu les critiques, puis écouté celles de mes amis auxquels je fais souvent plus confiance. J'ai bien fait.
C'est un grand Clint Eastwood que l'on découvre, ou redécouvre. Il fait partie de ces acteurs qui ont su évoluer avec leur temps, qui ont changé de génération au cours de leur carrière, et qui l'assume, avec une telle fierté. Brad n'a pas encore pris la place de maître de Redford dans Spy Game.
Personnage dur, incisif mais sensible et attachant, Eastwood nous donne une belle leçon de vie, la sienne. Les gens désillusionnés, brisés par la vie, renfermés sur leur passé, un passé souvent difficile et meurtrier, les gens mystérieux et froids sont paradoxalement ceux que l'on a le plus envie d'aimer.
16 février 2009
Puisque nous sommes nés
Déjà un titre. Subtil. LE titre. Celui qui, peu importe les faits, le pays, les personnages, veut tout dire en lui-même.
Puisque nous sommes nés, nous devons nous battre. Puisque nous sommes nés, nous sommes amenés à rêver, à nous révolter. Puisque nous sommes nés, nous avons pour mission de vivre la vie que l'on s'est imaginée.
Deux petits garçons touchants perdus dans le Nordeste brésilien qui nous invitent à vivre un petit bout de leur vie. On reste spectateur des jours qui défilent, des activités quotidiennes qu'ils veulent fuir à tout prix. Une vie simple mais qui ne choque pas. Une certaine lenteur intentionnelle, comme un étau qui se resserre, un horizon qu'on ne voit plus, un rêve qui s'éloigne.
Ce n'est pas Slumdog, rien à voir. Une prise de conscience plus lente et moins brutale du combat que chacun doit mener vers le bonheur.
29 janvier 2009
6 milliards d'autres
Aujourd'hui, j'ai rencontré un des idoles de ma vie... Ce cher Yann a qui j'ai pensé du haut de ma montgolfière chinoise, devant le Taj aussi. A quelques mètres, je l'écoutais parler. Admirative de ce sublime projet qu'il a monté. De ces six milliards d'autres qu'il nous fait rencontrer, dans leur plus profonde intimité, dans le cadre si impressionnant du Grand Palais. De ces tranches de vie dans lesquelles il nous laisse pénétrer.
Qu'est-ce-que l'amour pour vous ? Quelle est votre plus grande peur ? Que représente pour vous la famille ? Qu'avez-vous appris de vos parents ? Que souhaitez-vous transmettre à vos enfants ?
Une question des plus difficiles... êtes-vous heureux ? Quelle est votre définition du bonheur ?
Aucun cliché. Juste de la sincérité et ce sentiment étrange d'appartenir à une même communauté. Le désarroi de se retrouver dans chacun des portraits traités.
Des réponses reviennent. Du fin fond de l'Afrique aux Etats-Unis en passant par le Népal ou le Pakistan, la peur de la mort, de la vieillesse et du temps qui passe est partagée. Me voilà rassurée...
Une expo à voir. Une expo à vivre...
20 janvier 2009
Slumdog Millionaire
C'était peut-être un peu tôt... Un peu trop tôt pour voir les images bien réelles de ce que je savais déjà au fond de moi, de ce que l'on m'avait raconté maintes fois. Un peu tôt pour prendre conscience de ce que j'ai fait. Je les ai laissés. J'espère que mes roupies n'ont pas servi à acheter de l'alcool pour brûler les petits yeux encore innocents des mendiants des rues que j'ai croisés. J'espère ne pas avoir rempli les poches de ces enflures briseurs de vies. Je l'ai fait. J'ai collaboré.
Je n'ai pas de solution, je sais juste que si personne ne donnait, ce trafic n'existerait pas. Ils en inventeraient certainement d'autres. Et puis comment ne pas donner. Comment être insensible. Le paradoxe indien revient au galop. Ma culpabilité aussi.
Dites moi que je n'ai rien fait de grave. Dites-le moi, j'ai juste besoin de l'entendre. Pour plus tard, réussir à m'en persuader.
Allez voir ce film, oubliez la mise en scène, cette émission qui sert de trame de fond. Ne retenez que l'essentiel car malheureusement, tout ça est bien réel. Retenez le regard et le sourire de ces enfants à qui la vie a tout repris. Leur courage, leur espoir sans limite aussi.
14 janvier 2009
Séance ciné
Two lovers... L'angoisse de ma vie. M'abandonner à la médiocrité. Me résigner. Se réveiller après avoir laissé le temps filer.
Se rendre compte de tout ce que l'on a raté. Regretter. Choisir la facilité. Ne pas se battre contre la banalité. Laisser les gens passer. Ne rien partager. A force de ne vivre que pour soi, finir par se détester. Ne pas aimer. S'engager. Ne pas trouver quelqu'un pour me rassurer.
Ma vie est mon combat de chaque instant. Ma préoccupation incessante. Une remise en question lancinante.






















