Mélane en Inde

Qu'est-ce-qu'un voyage ? Ce n'est pas un depart, ce n'est pas une destination. C'est un parcours, une decouverte. Voyage-t-on pour decouvrir le monde ou pour se redecouvrir ? Est-ce les hommes qui font les voyages ou les voyages qui font les hommes ?

24 octobre 2009

Calcutta on my own

Zoe est malade, son petit ventre n'a pas ete tres gentil cette nuit. Resultat, elle se repose et je pars seule arpenter les rues de Calcutta. Je ne fais pas trop la maligne en partant ce matin. Seule, les evenements prennent rapidement une autre tournure. Je recroise en bas de la guest un mendiant qui nous avait suivi un peu longtemps hier et qui avait fini par nous insulter de motherfucker et compagnie. Il me suit jusqu'a la station de metro. Je ne suis pas tres rassuree.

Le metro de Calcutta est le plus ancien d'Inde. C'est bizarre de rentrer dans un souterrain un peu moderne quand on voit la vie dehors. Je ne savais pas qu'il y avait des compartiments reserves aux femmes. Resultat, je me retrouve encerclee d'hommes qui me regardent comme une pestiferee. Heureusement, ma station arrive vite. Mais en sortant, je ne suis pourtant pas soulagee. Je suis dans un quartier du nord de la ville, pas du tout touristique. Je suis la seule a me promener par ici et je ne sais pas pourquoi j'ai toujours le don de me retrouver dans des endroits ou je ne devrais peut-etre pas etre. Il y a plein de petits enfants tout nus dans la rue, des nourrissons meme qui dorment sur les trottoirs avec plein de mouches qui se posent sur eux.

Je prends sur moi, je sais que je ne risque pas grand chose et que si vraiment, je sens que je ne suis pas a ma place, il me suffira de sauter dans un taxi pour deguerpir rapidos. Je me force a sortir mon petit Canon. Je sais que la photo permet souvent de creer des liens plus detendus. J'avance en me perdant dans les ruelles de ce qui ressemble etrangement a un petit bidonville. Les gens dorment, se lavent, mangent, se rasent. Des scenes de vie quotidienne qui me fascinent. Peu de gens me demandent de l'argent, j'ai l'impression qu'ils  me remarquent a peine. Tant mieux. Je peux les observer tranquillement.

En retournant vers le metro, je croise un vieux monsieur qui tient dans ses bras un tout petit bebe, peut-etre son petit-fils, je ne sais pas. Il est le premier de la matinee a me sourire. Alors bien sur, je lui reponds, je m'arrete meme pour tenter un debut de conversation. Nous n'arrivons pas a nous comprendre mais il me demande de le prendre en photo. Peut-etre sera-t-elle la plus belle de mon voyage. D'autres enfants affluent et se mettent a poser. J'ai tellement l'impression d'etre dans un autre monde quand je prends des photos, d'etre dans ma bulle. Toutes ces rencontres ephemeres que je fais grace a mon appareil me passionnent. Elles pourraient etre la seule vraie raison des mes voyages.

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22 octobre 2009

Calcutta, une belle surprise

Decidemment, ce pays me fascine. Je me sens a nouveau vivre. Les images choquantes que je vois defiler devant mes yeux toute la journee restent gravees dans ma tete mais je parviens a les vivre avec plus de distance.

Nous arrivons a Calcutta ce matin vers 11h. Dans la longue file d'attente sans fin des prepaid taxi, je suis a deux doigts de m'evanouir. Nous n'avons rien avale depuis presque 24h et je crois que la fievre commence a pointer le bout de son nez. A l'heure ou j'ecrit, il est 20h. Je n'ai fume que cinq cigarettes aujourd'hui.

Calcutta est une belle surprise. Je me l'etais imaginee tellement de fois. Calcutta n'a rien a voir avec Delhi ou Benares. Presque pas de rickshaws mais beaucoup de vieux taxis jaunes. Le centre est bonde de vieilles batisses coloniales decrepies qui font un peu penser aux capitales antillaises. Les rickshaws laissent leur place aux "hommes-chevaux" qui trainent leurs passagers a la force de leurs bras.

Je m'attendais a voir des gens tres amoches et des mendiants partout. Nous n'en avons pas trop croise, je suis rassuree, Je ne sais pas pourquoi j'imaginais Calcutta en noir et blanc, comme une ville en-dehors du temps.

Il nous reste deux bonnes journees pour parcourir les ruelles de cette jolie ville, decouvrir ses marches colores et parfumes, gouter la fine cuisine du West Bengal et certainement rendre visite a toutes ces pauvres personnes que Mere Theresa a voulu aider.

Je m'occupe des photos des demain je pense.

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L'Inde me rend malade

Je me disais bien qu'il y avait un problème. C'était étrange que je ne réagisse a rien. La force de Bénares a peut-être été ce déclic. Cette ville est fabuleuse, vraiment. Aussi oppressante que calme, aussi sordide qu'apaisante. C'est sur, j'y retournerai en pèlerinage.

Retour dans les gares indiennes pour notre depart a Calcutta. Je retrouve les salles d'attente par caste, tous ces gens allonges par terre, tous ces enfants qui mendient. Je me rends compte aussi a quel point deux femmes seules en Inde attirent l'attention. Nous ne sommes jamais tranquilles. Les rabatteurs nous poursuivent, pour tenter de nous vendre une nuit d'hôtel, une entrée dans un temple, de la soie mais aussi beaucoup de drogue.

En arrivant a la gare de Mughal Sarai, nous demandons de l'aide a un étudiant indien pour savoir sur quelle plateforme arrivera notre train. Dans ces régions moins centrales, l'anglais s'évapore au profit de l'hindi. Il nous aide tres gentiment, sans rien demander en retour ce qui est plutôt rare par ici. Direction Plateform 2. Et la, comme par hasard, nous le retrouvons. A quelques minutes près, Zoé assistait a une de mes crises a l'indienne. Ce gentil petit homme de 20 ans m'a litteralement tenu la jambe pendant 2 heures. Oui, parce que bien sur, notre train a eu ses deux traditionnelles heures de retard. Tout ce que j'aime : parler pour ne rien dire, relancer tout seul sans s'apercevoir qu'en face, il n'y a plus personne. Il finit par me demander si j'ai déjà eu des relations sexuelles après m'avoir longuement explique qu'avant le mariage, c'était very bad. Comme par hasard aussi, il fait des études de sciences po, m'explique ce qu'est un système bicameral, m'apprend qu'il connait plein de choses sur la constitution russe. Veut mon adresse mail pour que l'on puisse correspondre a distance. Des qu'un train passe, il me dit que ce n'est pas le mien mais me détaille quand même d'où il vient et ou il va. Quand je lui demande "when is our train coming ?", il me répond "wait". Voila, c'est la positive attitude des Indiens. Un "non" n'existe pas. C'est toujours "possible". Vous demandez un coca, il vous ramènent un jus d'orange et vous disent "same same'. C'est tres drole jusqu'au jour ou vous êtes un peu crevé et malade (et oui, je suis déjà sous amoxicilline et solupred pour angine) et que ça vous rend cinglé. 
Heureusement, Zoe, en voyant ma tête décapitée, commence a rire pour faire distraction parce que sinon vraiment, ça aurait été un immense petage de câble !

Pour finir cette discussion fort enrichissante, notre petit Indien, trop mignon, nous dit : "On a tant discuté que je n'ai pas vu le temps passer"... !

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20 octobre 2009

De Delhi a Benares

Zoé découvre la folie des gares indiennes. Notre train a bien sûr ses deux traditionnelles heures de retard. Nous patientons dans une cantine en face de la gare et assistons à un spectacle assez incroyable. Les ruelles de PaharGanj changent profondément d’atmosphère lorsque la nuit tombe. Les routards se font plus rares, les femmes aussi. Nous sommes l’attraction du quartier. Ça grouille de partout, des gens qui partent, des gens qui reviennent.

Pour la première fois, je fais un trajet en first AC. Nous avons un petit compartiment juste pour nous deux. Les Indiens du train n'ont pas l'air très rassur
é, ils n'arrêtent pas de nous dire de nous fermer a clé. Bien sur, on se fait un copain qui a du mal a nous quitter. Il m'emmène fumer plein de cigarettes en me protegeant de la police, il est aux petits soins...

Nous arrivons ce matin a Benares. Je pensais avoir presque tout vu. J'avais oubli
é que l'Inde nous preparait toujours de belles surprises. Peu de mots pour décrire l'ambiance dans les ruelles de la vieille ville. Du monde et des vaches partout, beaucoup de klaxons et toujours autant de regards. Je recommence a etre plus a l'aise pour sortir mon Canon.

Nous trouvons relativement facilement une chambre. Confort rudimentaire et salle de bains commune mais nous avons une magnifique vue sur le Gange qui merite bien quelques sacrifices. Vraiment, je ne trouve pas vraiment mes mots. Nous croisons notre premier mort en debut d'apres-midi, comme ca, au detour d'une ruelle. Puis un Indien nous conduit jusqu'aux fours crematoires au bord du Gange. Benares est un cimetiere a ciel ouvert. Les buchers n'ont jamais cesser de bruler. Plus de 200 personnes terminent ici leur chemin de vie chaque jour. Mes yeux se mettent a couler tout seuls. L'odeur et l'image de tous ces corps en train de se consumer est difficilement supportable. Je sais que pour les Indiens, finir leur vie ainsi est un reve absolu et qu'il n'y a donc pas de raison d'etre triste ni meme choquee.

Nous y sommes retournees ce soir a la tombee de la nuit. Malgre ce cote sordide, une atmosphere paisible regne a Benares. Malgre ce que je pense de la religion depuis mon dernier sejour en Inde, c'est beau de voir tous ces gens qui croient. Je regrette que nous ne puissions passer plus de temps ici pour s'impregner encore davantage de cette culture si riche et differente. Peut-etre faudra-t-il que je revienne encore a Benares...


Nous partons demain soir a Calcutta. Je suis rassuree de voir qu'avec les jours qui passent, les emotions reviennent. Beaucoup moins brutales que l'annee derniere mais je me remets a garder les yeux grands ouverts. Malgre quelques problemes de sommeil qui persistent, je crois que ma tete s'est calmee pour de bon.

Nouvelles et photos tres bientot, des que nous aurons un hotel avec internet.

 

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19 octobre 2009

Retrouvailles

Dernier de nos trois premiers jours à Delhi. Lundi, 12h45, rendez-vous au 43, Nehru Place, 12ème étage. Seul le nouveau big boss d’Altios est au courant de ma venue. Je tape à la porte, je vois Karan se lever, je me cache mais il me voit quand même et là, j’entends « Fuck ! ». J’ouvre la porte, les jambes tremblotantes d’émotion. Je suis si contente de le retrouver. « BIg surprise », il me dit. Gaurav me voit après quelques secondes, puis Sanjay. Seul Ish n’est pas là. Je ne trouve pas vraiment de mots pour raconter ce moment que je n’oublierai pas de si tôt. Pour la première fois chez Altios, nous déjeunons tous ensemble autour de la même table. J’insiste pour que Karan soit là. Je sais qu’il est mal à l’aise mais tant pis, je suis trop contente d’être avec lui. Plus tard, avant que nous ne repartions parcourir les rues de Delhi, il ouvre sa sacoche et sort le polaroid de tous les deux que j’avais pris l’année dernière avant mon départ. Je suis trop émue. Alors bien sûr, nous prenons une nouvelle photo, avant mon prochain voyage. Karan veut absolument porter ma valise. Il nous accompagne fumer une cigarette et négocie notre rickshaw. Trop mignon et toujours aussi attentionné.

Je le retrouve vers 18h pour un bref passage au bureau pour récupérer nos affaires. Il veut absolument nous accompagner à la gare pour être bien sûr que l’on prenne le bon train. C’est rare les personnes qui vous marquent à ce point. Ces personnes profondément gentilles qui sont toujours là, malgré tout ce qui nous sépare.

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Une soiree pleine de surprises

C’est fou comme toutes nos peurs s’évaporent lorsque l’on est à l’étranger. Nous étions en train de siroter une Kingfisher bien fraîche et de déguster de délicieuses bruschettas sur la roof top terrace du Stone lorsque quatre jeunes Indiens s’assoient à notre table. Discussion sympa sur l’Inde, sur la France, sur nos « métiers », la musique… Pas quatre lourdeaux qui finissent évidemment par vous demander votre numéro. Juste des gens sympa qui ont envie de discuter. Tout ça se termine par un rendez-vous à notre retour à Delhi pour une soirée qui s’annonce plutôt incroyable. Nous les quittons, sortons de l’immeuble du Moets, nous dirigeons vers un rickshaw pour rentrer lorsque deux nouveaux Indiens nous proposent de nous ramener en voiture, pour ne pas que l’on se fasse arnaquer par un rickshaw. Et nous, comme deux inconscientes, ni une, ni deux, on saute dans la voiture ! Mais, pas de crainte, nous avons bien fait. Nous rentrons avec deux nouveaux numéros de téléphone et plein d’adresses à Bombay. Comme quoi, de temps en temps, ça fait du bien de ne pas penser au pire.

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18 octobre 2009

Indianmelane is back

Après une nuit de forte angoisse, j’arrive à Roissy avec une impression de déjà-vu, de déjà vécu. Bien sûr les circonstances sont différentes, mais j’appréhende l’arrivée. Pourtant, tout se passe bien. Après huit longues heures de vol, nous sortons de l’aéroport de Delhi. Température agréable qui rend la sortie moins brutale. La caisse des prepaid taxis a déménagé mais nous parvenons sans difficulté à trouver une voiture qui nous emmène à East of Kailash, notre quartier pendant trois jours.

 

Dès le lendemain, programme chargé en retrouvailles. Je ré-apprivoise petit à petit la vie indienne. Je retourne dans mon quartier de Lajpat Nagar, je revois mon proprio, sa femme et ses enfants, ma minuscule femme de ménage, le couple d’épiciers en bas de la maison. Les nouveaux locataires de mon appartement acceptent de nous laisser rentrer. C’est bizarre de retourner sur les lieux du crime. J’emmène Zoé dans les endroits de Delhi que j’aime bien : Hauz Khas, Khan Market, Old Delhi, PaharGanj, Defence Colony, Nizamuddin.

 

J’appréhendais beaucoup. Pourtant, je ne ressens rien. J’ai l’impression de n’être jamais partie tout en me sentent en-dehors de ce monde qui n’est plus le mien. Les feux rouges ne me font plus vraiment d’effet. J’en viens même à ne plus comprendre comment j’ai pu être si traumatisée. Je reste spectatrice. Plus rien ne m’intrigue, j’ai l’impression de tout connaître. Je suis rassurée de ne pas être choquée à nouveau mais, je ne sais pas, c’est vraiment bizarre comme sensation. Je n’arrive pas à écrire, ma tête ne me dicte plus rien. Je suis peut-être enfin guérie…

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15 octobre 2009

Qui gagnera la partie ?

J-1. C'est marrant les réactions que j'ai eues quand j'ai dit que j'y retournais. Beaucoup n'ont pas compris. Pourquoi repartir après ce vilain cauchemar ? Ceux qui me connaissent bien savent pourtant que je devais le faire, il le fallait. Pas parce que j'aime particulièrement souffrir. Juste parce que, de caractère, je n'aime pas trop abandonner. J'aime bien aller au fond des choses. Comprendre, ne pas rester sur un sentiment d'inachevé. Alors, oui, peut-être souffrir mais pour en finir enfin.

Sauf qu'aujourd'hui, je ne fais pas trop la maligne. Je décolle demain à 10h40. Les horaires n'ont pas changé. Heureusement que j'ai pris mon billet il y a longtemps. J'ai eu le temps de me faire à l'idée d'y retourner. Je panique, j'appréhende. Mais cette peur, cette boule qui me ronge le ventre n'est pas la même que le 4 juillet. Ce n'est plus l'inconnu, la peur légitime de la solitude. Je sais à quoi m'attendre, c'est peut-être pire. 

Je redoute l'arrivée à Delhi, mes premiers feux rouges. Pour Zoé, je n'ai pas le droit de m'effondrer. Seul Antho a vu mon pire, lui seul est dans la confidence. Et je préfère que cela reste entre nous. Je crois que les 24h qui me restent vont être les plus longues de toute ma vie. J'ai déjà envie d'y être, d'être assise là dans mon rickshaw, clope au bec, à dévorer des yeux toute cette foule éphémère qui m'entoure.

Si je peux me permettre de demander une seule chose, une chose qui vaudrait à elle-seule la beauté de ce second voyage, ce serait de revoir un court instant mon petit pote du feu rouge. Juste pour savoir qu'il est encore là et que tout va bien.

Il y a quelques jours, j'ai relu l'intégralité de mon blog. Surtout tous ces messages postés lors de mon dernier séjour. Très difficile de se relire... Je ne sais pas dans quel état je serai à mon arrivée mais je ferai tout pour être plus positive car, au fond, je sais que ce voyage ne peut que bien se passer. Ce projet de reportage m'enchante énormément. Je sais à quel point le terrain me passionne. Mes projets avancent, je suis plus sereine dans ma tête. Ma crise d'adolescence est peut-être bel et bien terminée.

En tout cas, je pense que je suis mieux armée pour jouer cette seconde partie et peut-être remporter haut la main cette revanche contre l'Inde et moi-même.

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26 septembre 2009

Comme un bon roman qui s'achève

Ce matin, je me réveille avec un brin d'amertume au fond de moi. Une page va se tourner aujourd'hui. La dernière. Je déteste compter les dernières fois. Dernière fois que je dis bonjour au SDF devant le Monoprix, dernière fois que je passe mon badge pour entrer dans le monde de la télé, dernière fois que je prends cet ascenseur, dernière fois que je publie une brève, dernière fois DE MA VIE que je regarde Secret Story. Dernière fois que j'insère mes 80 cts pour mon Coca Light/clope de 11h. Je ne veux pas savoir le nombre de pièces que j'ai lancées dans cette machine. Dernière fois que je vois mon petit du 3ème. Dernière fois que je fume une cigarette dans le petit jardin privé.

C'est comme un bon roman qui s'achève. Un roman avec quelques longueurs (mon mois d'août seule à Paris), et quelques répétitions maladroites (ces quotidiennes sans fin de Secret Story) mais un bon roman quand même. Avec plein de rebondissements : ces soirées pimentées par les messages de mon ami Phiphi, ces moments agréables avec mes trois big boss, ces vendredi soirs seule et perdue devant les écrans incompréhensibles de Final Cut, cette belle rencontre avec Harry et ces montées d'adrénaline quand je pars en interview. Ce petit pic de stress que j'espère ressentir toujours, un peu comme le trac d'un chanteur qui monte sur scène et celui du présentateur de JT juste avant le lancement du direct. Cette anxiété qui prouve que l'on n'est pas encore blasé.

Le problème des bons livres, c'est qu'on a envie de vite les terminer pour en connaître le dénouement, pour avoir une vision de l'oeuvre dans sa globalité, savoir ce que l'on va en retirer. Mais quand la dernière page est tournée, on se dit qu'on aurait bien aimé continuer un peu. On se dit qu'on le relira, même si on sait qu'on ne le fera pas. Il faut rapidement en trouver un autre, se lancer à nouveau dans une autre histoire, s'attacher à de nouveaux personnages, ressentir de nouvelles émotions, apprendre encore et toujours.

Un bon roman qui se termine avec des mots touchants et quelques larmes d'émotion que je garde au fond de mes yeux...

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21 septembre 2009

Beigbeder, mon remède contre la grippe

Je pensais y échapper. Enfin, je pensais que mon blog allait y échapper. Mais non, je vais faire comme tout le monde, je suis obligée de parler de la grippe A. Je vous avoue que tomber malade en ces jours prend une toute autre ampleur que les autres années. Pourtant, je ne suis jamais trop inquiète côté santé. J'en avais déjà parlé en Inde, les médecins, les médocs, tout ça, ce n'est pas trop mon truc. Mais là, depuis deux jours, quand je vois les gens me dévisager à chaque fois que je tousse dans le métro, je me dis qu'il faut quand même faire attention. De toute façon, je le sentais arriver. Dès qu'il y a un petit changement, une petite contrariété dans mon quotidien, mon corps s'exprime ainsi. Dernière semaine chez M6, nouvelle vie chez Géo, départ en Inde... ça fait trop d'un coup apparemment.

Bref. Il m'a fallu près d'une heure sur les pages jaunes pour trouver un médecin digne de confiance pas trop loin de chez moi. Vu les degrés de fièvre que je dois avoir et le peu de calories que j'ai ingurgitées ces dernières 24 heures, je ne me vois pas trop courir les rues de Paris. Déjà mon quart d'heure à pied m'a paru insurmontable. Le sujet de la grippe A me revient à l'esprit quand je m'installe dans la salle d'attente. Trois femmes sont déjà là, le visage atterré, les yeux cernés, la toux sèche. Vous imaginez tous les microbes qui doivent se propager dans une salle d'attente. C'est un coup à repartir avec la grippe A alors que vous veniez pour une angine. Après trente minutes d'attente, j'entre enfin dans la salle de consultation. Le médecin me demande si j'ai pris ma température chez moi, si j'ai un thermomètre. J'ai failli lui expliquer qu'avec moi c'était beaucoup plus simple. Oui, j'ai un thermomètre un peu particulier... la vitesse avec laquelle je descends mon paquet de cigarettes. Rapidement, je décris mes symptômes, mon angoisse doit se lire sur mon visage. Non, non, c'est bon, ce n'est pas la grippe A, juste une bonne rhino-pharyngite mêlée à une belle bronchite mais pas cette satanée grippe. Je suis rassurée. Ca fait sourire le médecin. Il doit voir des gens paniqués toute la journée. Surtout depuis que ce jeune stéphanois est décédé alors qu'il ne présentait aucun problème respiratoire. Pour cette fois, j'y échappe, je peux tousser en toute liberté sans avoir peur de contaminer mes voisins.

Donc rien de grave, juste cette sensation très désagréable de ne pas contrôler la situation ni même son propre corps. Passer quelques jours enfermée à ne rien vouloir faire, peut-être juste lire quelques pages du dernier Beigbeder avant de plonger dans un profond sommeil. D'ailleurs à propos de ce nouveau roman, j'avais commencé à écrire quelques lignes le week-end dernier mais un coup de téléphone avait dû couper court ma réflexion. Voici ces quelques pensées inachevées...

12 septembre 2009

Une séance de lecture à la terrasse d'un café. Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à lire chez moi, je dois sortir, c'est comme ça. Je viens d'acheter le dernier Beigbeder. Je crois que ça m'inspire. Je ne sais pas pourquoi j'aime autant ce personnage si suffisant, sûrement pour son écriture incisive, son regard cynique sur la vie, ses mots crus et sincères.

Je me demande si je n'aurais pas envie d'écrire un livre un jour. Un livre qui n'intéresserait personne et qui ne se vendrait pas, mais un livre que j'aurais écrit. Un livre sur une vie des plus communes, mais un livre sur ma vie. Non pas "ma vie, mon oeuvre", je ne pense pas avoir un jour la prétention de croire que j'aurais accompli quelque chose qui mérite ce qualificatif. Juste un livre que j'aurais personnellement écrit. Parce que quand on écrit, plein de souvenirs ressortent. Des choses dont on n'avait nullement conscience mais qui sont pourtant bien là. Chacun sa thérapie. Je crois que j'ai trouvé la mienne. Parce que quand on écrit, on immortalise sa vie, on fige les instants, les émotions, les sentiments. Moi qui suis terrorisée par l'oubli. Parce que les écrits restent, même si c'est un supplice insurmontable que de se relire. Ca pourrait toujours être mieux, mieux écrit, plus sincère, plus réfléchi. C'est un travail sans fin, un tunnel sans lumière au bout.

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