Mélane en Inde

Qu'est-ce-qu'un voyage ? Ce n'est pas un depart, ce n'est pas une destination. C'est un parcours, une decouverte. Voyage-t-on pour decouvrir le monde ou pour se redecouvrir ? Est-ce les hommes qui font les voyages ou les voyages qui font les hommes ?

04 juillet 2009

Time

Souviens-toi l'été dernier... Il y a un an, il y a pile un an, à 10h25, je m'envolais...

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28 juin 2009

Un après-midi de juin au Luxembourg

Ce n'est pas Lars von Trier mais un grand malade quand même que j'ai rencontré cet après-midi. Chaleur estivale et francs rayons de soleil qui me réveillent de bonne heure. Je file au Luxembourg. Logique. Coca light, musique très fort dans mon casque, chaise longue, Marlboro light à portée de main. Logique aussi. Un gros dégueulasse s'assoit pile en face de moi, le soleil dans le dos donc. Logique ?? Il tente un eye contact que je me refuse de lui donner. Toujours logique. Et puis, comme prévu, d'un coup il se lève, déplace sa chaise et se pose juste à côté de moi pour entamer la convers. Je crois qu'il n'a pas bien saisi que si je viens ici, de surcroît avec mon casque sur les oreilles, c'est peut-être que je veux être tranquille. Non, cette idée très logique n'a pas du lui traverser l'esprit. Et là, commence un long monologue car, bien sûr, je ne réponds pas à ses interrogations. Pas trop envie de refaire le monde avec lui. Les compliments lourdaux commencent : vous savez que vous avez de très beaux pieds.... ?! Alors, non, celle-là vraiment on ne me l'avait jamais faite. Comme quoi, y a des mecs qui essayent encore d'innover. Une bonne heure de banalités et de questions à la con auxquelles je réponds furtivement par un hochement de tête. Apparemment, j'ai un regard franc... Qu'il ne me demande pas trop d'être franche, parce que là, il risque de passer un sale quart d'heure.

Il s'apprête à me quitter, à plusieurs reprises, mais semble toujours trouver un nouveau sujet pour rebondir... Encore juste cinq minutes... Vous êtes verseau ? Euh, oui... jusque-là, rien de très dingue, il avait une chance sur douze... Et puis quelques minutes plus tard : Vous vous appelez Mélanie, n'est-ce-pas ? Alors là, gros flip, plus rien de logique du tout. Oui, c'est ça, au revoir, je n'ai pas envie d'en savoir plus. Apparemment, il a l'air tout fier de sa trouvaille. Il commence à me sortir un long discours sur la magie, les intuitions, la télépathie et tout ce genre de conneries. Sauf que moi, j'ai eu très très peur alors je me suis vite enfuie.

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17 juin 2009

Sans titre

Ce soir, avec Coline, on a voulu faire les warriors, celles qui n'ont peur de rien, les femmes modernes du XXIème siècle, battantes et combatives. Sauf, qu'avec Coline, on est un peu sensibles quand même. Une femme qui pleure n'est pas forcément une femme qui manigance...

Depuis hier, je sais que nous irons voir Antichrist. Par curiosité. Pour se faire un avis. Déjà, en sortant du bureau, je sens la pression monter. Première fois de ma vie que j'arrive au ciné paniquée. J'ai déjà peur de ce que je vais voir. Et j'ai raison. Je passe les trois-quarts du film recroquevillée sur mon siège, souvent sous mon manteau qui me sert de masque, les oreilles bouchées aussi parfois, lorsque les cris dépassent ma limite du supportable. Pourtant, j'en ai déjà vu des films qui m'ont marquée, plutôt choquée. Je crois que le premier, c'était Seven, quand j'avais dix ans. La violence physique ne me perturbe d'habitude pas. Je n'aime juste pas la voir. Mais quand elle se même à la violence psychologique, à ce que l'homme, ici la femme, a de plus diabolique en lui, alors là, la violence prend une autre tournure. A ce moment précis, repliée sur moi-même, je rêve d'être dans mon lit, dans les bras de quelqu'un que je connaîtrais bien, comme au réveil après un vilain cauchemar. Tout ça n'a pas existé. Je me force à scruter les autres inconscients de la salle pour bien me rappeler que je suis dans une salle de ciné. Je me force à rester. Je crois que je suis un peu maso de temps en temps.

Je ressors le coeur soulevé avec cette impression désagréable de nausée qui ne m'avait plus hantée depuis mon retour de Delhi. Dans les rues qui me mènent jusqu'à Barbès, je marche droit, le regard figé, presque décomposé. Y en a qui auraient voulu capter un regard, peut-être un bonsoir. De toute façon, je n'entends rien. Désolée, mais pas ce soir, vraiment. Je m'engouffre dans le métro, comme anesthésiée. Drôle de soirée, drôle de curiosité...

Ce n'est pas un film qui fait peur. C'est plus profond que ça. Comme une angoisse bien décidée à s'installer au plus profond de moi. Surtout lorsque je me dis qu'il existe des personnes assez déséquilibrées pour imaginer tout ça. Il y a peut-être des Lars Von Trier cachés partout dans les rues de Paris.

Alors vraiment, et je reprends ici le conseil avisé d'une de mes amies, si c'est juste par curiosité, vous n'êtes vraiment pas obligés... La curiosité peut être un bien vilain défaut, parfois...

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08 juin 2009

Mes questions sur... Cuba

Après Beyrouth, Alger, le Niger, Serge Moati traverse l'Atlantique pour découvrir la réalité actuelle de Cuba et de ses habitants, dans son reportage Mes questions sur... Cuba, diffusé hier sur France 5. Comme un carnet de voyage, presque un journal intime, ce documentaire nous entraîne dans la profondeur de Cuba, dans les profondes pensées de Serge Moati. Avec un ton très personnel, presque familier, il nous emmène dans ses questionnements sans réponse sur l'avenir de Cuba, de cette île emprisonnée depuis 50 ans, de cette île où « on a faim mais où on ne meurt pas de faim ». Des images sans parole de La Havane, des paroles avec des visages de Cubains. Nostalgiques, mélancoliques, un peu déçus aussi. Un peu las de tous ces efforts, de ces souffrances, face à leurs rêves d'une révolution inachevée qui s'essouffle. Dans ce pays où « chacun doit rêver comme les autres », chaque Cubain croit pourtant encore à son combat. Malgré l'absence d'opposition, les tickets de rationnement, le manque de nourriture et d'infrastructure, chaque Cubain croit encore au beau projet du Che. Rêver un monde nouveau, différent. Les jeunes générations en uniforme entonnent encore les préceptes du communisme cubain, du catéchisme révolutionnaire : « révolution de tous et pour le bien de tous. C'est changer tout ce qui doit être changé. C'est liberté et égalité totales. C'est être traité et traiter les autres comme des être humains ». Interrogé sur l'absence de liberté de la presse, un Français exilé converti répond sans scrupule : « qui a les moyens de se payer la presse ? Et quand il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de papier ni d'encre »… Paradoxe et confusion pour une nation qui se transforme, qui évolue, qui ne veut pas oublier. En mélangeant images d'archives et portraits de citoyens, Moati n'apporte pas de réponse, il pose juste des questions. Peut-être les bonnes… Après Londres, Delhi, Bénarès, Calcutta, Bombay et peut-être l'Iran, une belle destination à découvrir... !

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19 mai 2009

Keep your eyes wide open

Bus 39. Encore dans les transports. La musique très fort, collée contre la vitre, personne pour me déranger dans mes pensées. Les beaux monuments de Paris. La traversée de la cour du Louvre la nuit. Si je ne travaillais pas demain, je crois que je me serais arrêtée. J'aurais attendu le prochain bus. Juste pour voir. J'espère que même dans dix ans, j'aurai encore ces yeux grand ouverts sur toutes ces choses qui m'entourent, je serai encore émerveillée par ces choses simples du quotidien qui font que chaque jour peut être une belle journée si on la prend du bon côté. Oui, parce que ce n'est pas parce que je suis souvent en retrait, distante et dans ma bulle que je ne fais pas attention à ce qui se passe autour de moi. Au contraire, j'observe, j'écoute, j'imagine. Peut-être parfois trop. Ensuite, l'avenue de l'Opéra. Et plus loin, Strasbourg Saint Denis. Les putes de la nuit, les skaters devant Monoprix, les saoulards en bas de la Porte Saint Denis, les mecs titubants qui m'ennuient. D'ailleurs, je crois qu'il y en a un qui me suit... C'est aussi ça Paris...

Souvent, je me dis que je vais arrêter ce blog, je me dis qu'il n'a plus aucune légitimité. Je n'ai pas envie qu'on me prenne pour une de ces adolescentes qui vide son sac devant tout le monde, pour ces gens que je ne comprends pas qui étalent leur vie chez Delarue ou d'autres devant des millions de gens qu'ils ne connaissent pas. Mais je ne sais pas pourquoi, à intervalles réguliers, pourtant, des idées me viennent. Peut-être parce que ces idées, je n'arrive pas à les dire autrement.

De toute façon, je ne vais pas l'arrêter parce que bientôt, et je crois que le temps jusque-là va vite passer, indianmelane retrouvera sa raison d'être. Parce que bientôt, je vais à nouveau me retrouver face à moi-même. Je vais retrouver mes petits Indiens à qui je pense si souvent. Là-bas, je sais que mes yeux resteront grand ouverts sans effort. Il faudra peut-être même que j'essaye de les fermer un peu sur toutes ces choses que j'ai vues et qui m'ont traumatisée. Pour garder un peu le meilleur et en finir enfin avec ce vilain cauchemar qui me hante...

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05 mai 2009

Comme un brouillon

Dans le train qui m'emmène vers mon mini-paradis, il y a cette petite fille blonde trop jolie. Je ne peux pas m’empêcher de la regarder. Encore toute insouciante, des yeux bleus pétillants. Je ne sais pas si je la regarde parce que je l’envie d’être si jeune, si naïve ou si je me dis que j’aimerais bien avoir une petite fille comme elle. Peut-être que, bientôt, d’ici un ou deux ans, certaines de mes amies vont avoir un bébé. Cela me paraît tellement loin, tellement en-dehors de ma vie. Je vois mon frère construire sa vie, son avenir, une famille. Je ne pense pas que j’en serai là dans trois ans. C’est une bonne excuse de se croire un peu carriériste, ça justifie le reste. On ne compte que sur soi. On n’attend rien des autres. J’aimerais bien rester à mon âge, que le temps se fige quelques temps. J’aime bien ma vie en ce moment. J’aime bien ces journées où j’apprends. J’aime bien ces week-end où je prends mon temps. Pour l’instant, il n’y a que mes réveils que je n’aime pas autant. Je me force à ne pas avoir le temps. Je me force à courir partout, tout le temps. Pas une soirée sans apéro, pas un week-end sans soirée. Le temps passe vite comme ça. C’est bon signe. En Inde, je comptais les heures, les jours, les semaines, parfois même les minutes. Quand j’arrivais au bureau le matin, certains jours en luttant jusqu’au soir. Je comptais les heures où je tournais dans mon lit. Maintenant, je n’ai même plus besoin de compter avant de m’endormir. Je dors déjà. Je ne rentre pas chez moi avant d’être épuisée.

C’est quand même dingue de se dire qu’on a créé quelqu’un. Non mais quand on y pense vraiment. De se dire que la vie de quelqu’un dépendra de nous. On n’a pas le droit à l’erreur. C’est comme quand on conduit. Si on plante sa propre voiture, ce n’est pas si grave. Ça ne tient qu’à nous, ça ne regarde que nous. Mais quand on plante celle d’un pote… Et bien, c’est pareil avec un enfant. On a le droit de pourrir sa vie mais pas celle d’un autre. Et encore, on n’a même plus le droit de pourrir sa vie, tellement la sienne en dépend. Je crois que c’est trop de pression. Je sais, c’est égoïste. En plus, j’adore les enfants. Je crois que j’en voudrais plein qui courent partout. Ça donnera du sens à ma vie. Oui, encore moi, je sais…

La jolie petite blonde aux yeux bleus a deux frères aux yeux bleus aussi. Ils doivent avoir 7, 8 ans. C’est l’âge des questions. Et Maman, pourquoi ? pourquoi ? On n’a pas le droit à l’erreur. Je connais quelqu’un qui sait toujours tout. Je suis sûre qu’il s’en sortira très bien face à ce genre d’interrogatoires. Moi, je crois que je serais obligée de mentir pour garder ma crédibilité de Maman. Ou alors d’improviser mais ça, c’est pas vraiment mon point fort.
J’ai envie d’fumer. J’ai envie d’arriver. Maman, on arrive dans combien de temps ?
Mentir, vous vous rendez compte. Parce qu’un enfant, je ne sais pas, il ne comprend pas. Dans la vraie vie, je m’en fiche de ne pas savoir. Ou d’avoir tort. D’ailleurs, ça me fait rire parfois. Mais là, je ne peux pas, je n’ai pas le droit.

Dès que je referme mon carnet, une autre phrase me vient. Je dois le rouvrir avant qu’elle ne m’échappe. Après, c’est foutu.  L’Inde m’a déclenchée un virus. Avant, ça ne m’arrivait jamais. Vivement que j’y retourne pour que j’me soigne. Maintenant, je ne suis plus la fille qui ne va pas bien, je peux dire que tout va bien. Et quand tout va bien, rien de plus à ajouter. C’est pratique. Je vais bien, ne t’en fais pas. Parle moi de toi.

Si on mettait de la musique dans le train aussi fort que dans mes oreilles, ça ferait une teuf d’enfer. Je réessaye ma théorie de mettre la musique plein pot dans mon casque pour que ma tête se mette à chanter plutôt que de dicter. Mais ça ne marche pas trop. J’imagine tout le wagon se lever et danser sur les sièges. Je deviens cinglée. De toute façon, cela ne risque pas d’arriver ; ils sont tous en train de pioncer. Plus le regard pour faire pétiller le reste et le sourire pour l'égayer.

C’est très laid aujourd’hui ; ça n’a aucun sens. Ça m’est venu comme ça dans le désordre, comme un brouillon que je n’ai pas envie de retoucher.

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14 avril 2009

Un petit mouton entre Bonne Nouvelle et les Sablons

Ce matin, 9h03, j'arrive sur le quai de la 9. Un peu à la bourre aujourd'hui. Un week-end ensoleillé m'a remis dans le bain des grâces matinées. J'attaque ma troisième semaine... Déjà...

Je me souviens de mon premier jour, à 9h sur le quai de la 9. J'ai failli faire une crise d'angoisse quand j'ai vu ces wagons bondés arriver, les gens débarquer et d'autres monter. Surtout à la correspondance avec la 1 à Franklin Roosevelt. A la vue de tous ces moutons qui se suivent. Tous ces gens qui se croisent. Je ne veux pas être un mouton, je veux prendre mon temps. Regarder les affiches des expo dans les couloirs, et programmer ainsi mes sorties culturelles de la semaine. Ecouter le petit guitariste, là-bas au coin. Me réveiller doucement...

Il y a plus de cent ans déjà, un petit prince dessinait un mouton. Si Saint Exupéry l'avait fait aujourd'hui, il aurait pris une toute autre allure. Le mouton serait brun, en costume sombre, chemise bleu ciel, un iPhone dans la poche, un casque sur les oreilles et surtout, une cravate autour du cou, d'ailleurs pas toujours de très bon goût. Comme la matière du costume un peu brillant, la couleur ringarde de la cravate... et le détail, les chaussettes blanches dans des pompes pointues bien cirées. Les filles ne sont plus en tailleur, les hommes sont toujours bien en cravate.

J'ai souvent du mal à respirer dans le métro. Il faut dire que je ne fais pas 2m10 alors je me sens vite étouffée par tous ces géants de la finance qui m'entourent. La ligne 1 est plutôt masculine. Remarque, c'est pas plus mal, ça m'évite d'être collée serrée contre ces poufiasses aux parfums trop fruités. J'espère que mon Chance n'est pas un tel supplice pour les autres...

Premier déversement vers le siège de la SoGé et de la BNP à Havre Caumartin. Le reste rejoindra HSBC à George V ou l'arche de la finance au terminus.
Je peux vous dire que la France est au travail. Ce n'est pourtant pas l'impression que j'avais quand je ne faisais rien, quand je passais mes après-midi à déambuler dans les rues de Paris et que je voyais du monde partout, tout le temps, les magasins bondés du matin au soir.

Je ne veux pas être un mouton sans vie, le regard triste. Pourtant, je commence à leur ressembler. Les yeux fatigués le matin, vides le soir. Moi aussi, je me mets à courir dans les couloirs quand j'ai pris le temps de fumer une cigarette de trop le matin. Ca ne se joue qu'à quelques minutes. Je cours vite pour fuir l'agression du métro, son bruit, ses odeurs, et me précipite avenue Charles de Gaulle pour enfin respirer l'air pur et frais d'une des plus grandes artères de la ville. Antho m'a dit vendredi soir, alors que je revenais assez épuisée de mon après-midi de tournage, que j'avais la même tête qu'en Inde. Et ça, ce n'est pas vraiment un compliment... !

Mais bon, pour une fois, j'adore ce que je fais alors ça vaut bien la peine que je me transforme en petit mouton pendant quelques temps.

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04 avril 2009

Bienvenue dans le monde de la télé

1h58... Je finis ma première semaine... C'est l'heure d'un premier bilan...

Déja une semaine de passée... une quinzaine d'articles postés, cinq interview données, une émission de tournée et surtout de montée ! Première semaine chargée... I'm a working girl again... ! Cette fois-ci dans le monde de la télé... !
Voilà pour la quantité...

Pour la qualité, ce n'est pas trop à moi de juger mais je suis contente d'avoir réussi à surmonter ce stress de me lancer encore à l'inconnu. Il se pourrait bien que j'aie enfin trouvé ma voie... C'est surtout cet après-midi que je me suis dit ça, quand je suis partie paniquée sur le tournage de l'émission Pif Paf, quand j'ai du me retrouver seule dans la loge de Guy Carlier, caméra dans une main, micro dans l'autre. Et quand, en rentrant rue Jacques Dulud pour visionner et monter tout ça, je me suis rendue compte que j'y étais arrivée. Déjà, le premier jour vers 10h30 quand mon premier article signé a été posté, je me suis dit que ça y est, je m'étais bel et bien lancée.

Alors voilà, si l'actu media vous intéresse, vous pouvez aller faire un ptit tour sur www.ozap.com, et pour visionner les extraits des interviews (malgré un léger problème de son qui sera réglé dès la semaine prochaine !) sur www.pifpaf.tv !

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27 mars 2009

Hier encore j'avais 20 ans

Je voulais vous raconter encore mes expériences en train... Enfin, non en fait, cette fois-ci je ne vais pas m'attarder sur mes deux heures de trajet. Le wagon était presque vide et pour une fois, je me suis endormie..
Cette fois-ci, c'est l'arrivée qui a changé. Cette fois-ci, ce n'est pas Maman qui m'attendait vers les taxis. La petite 206 grise était bien là. Mais c'est mon petit Rom tout seul qui était dedans. Ce minuscule petit Rom que j'ai rencontré à la Clinique de la Muette... il y a 18 ans déjà... Un grand choc dans ma vie... ! Alors, bien sûr, par réflexe, je me suis dit que j'allais conduire, pour garder un peu de crédibilité quand même et pour conserver encore un peu mon statut de grande. Mais non, c'est bien mon petit Rom qui m'a ramenée... Je sais que c'est d'une absolue banalité de dire que l'on ne voit pas les gens grandir, vieillir.. mais là, comme ça, d'un coup, ça m'a un peu perturbé. Un poids de moins contre lui...
Le seul qu'il me reste, c'est que je me sens grandir un peu moi aussi, je commence à passer un peu de l'autre côté de la barrière, tout doucement. Oui, à 18 ans, on est encore un peu rebelle. A 24, on s'assagit un peu. On commence à comprendre les attitudes et réactions de nos parents quand on avait cet âge. C'est grave docteur, jsuis vieille... ???!
A 24 ans, on n'est plus trop étudiant mais pas encore complètement dans la vie active. On relativise le passé, tout en appréhendant l'avenir. C'est assez grisant comme étape. Tout est devant nous, il nous reste tout à faire, tout à vivre. C'est angoissant bien sûr mais c'est un immense challenge de chaque instant.
Je redoute un peu le jour où je me dirai que ma vie est derrière moi et où je prendrai pleinement conscience de cette amère nostalgie dont Aznavour a le secret.

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22 mars 2009

Des petits verres entre amis et les langues se délient

Des petits verres entre amis et les langues se délient. Une banalité pour commencer. Des discussions de comptoir qui nous paraissent si profondes et réfléchies. Anne-Laure débarque au milieu. De quoi parle-ton ?
De l'art et de nos névroses... Vaste sujet. Une question lancée : les artistes sont-ils plus névrosés que la masse ou a-t-on tous les mêmes angoisses ? L''artiste n'est-il pas juste celui qui a la capacité d'exprimer ses névroses de façon intelligible et de les rendre créatives ? L'art n'est-il pas qu'une extériorisation de la névrose ? Les avis divergent, mais, au fond... ceux qui ont vu 6 milliards d'autres, et nous sommes nombreux ce soir, se sont rendus compte à quel point les grandes questions existentielles sont partagées par tous.
Les verres se remplissent et se vident. L'abstraction de notre discussion monte en flèche.

Après l'art, c'est donner et recevoir. C'est un peu le leitmotiv de la soirée. Val est sur ma longueur d'onde. Antho réalise. Difficile de donner, surtout dans la mesure. Ne pas trop donner pour susciter l'envie. Ne pas trop donner pour ne pas étouffer. Difficile de recevoir aussi. Le mérite-t-on ? La question du don, de l'échange et de l'attente perpétuelle d'un retour élucidée par Mauss.

Une grande soirée philosophique avec des airs de comptoir. Des gens comme tout le monde qui s'interrogent sur le sens de leur vie, sur le sens de la vie à deux. Sur l'exercice périlleux du don et du partage. A force de ne rien partager, de ne rien donner, on finit par se détester.
Bref, une philosophie à 2 balles qui fait du bien de temps en temps... !

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