Mélane en Inde, et ailleurs dans le monde...

13 septembre 2012

Souvenirs, souvenirs

Je ne me souvenais plus à quel point il fallait prendre sur soi pour survivre ici. Après une première journée de coups de fil et de reprise de repères, je dois me jeter à l'eau. Comme à Roissy, je suis impatiente d'arpenter les rues du Grand Beyrouth, de sauter dans mes premiers taxis service, d'attendre patiemment mon bus posée comme un paquet au bord de l'autostrade, non sans cette appréhension latente qui me fait bondir de mon lit chaque matin. 

Je ne me souvenais plus non plus à quel point ce vacarme omniprésent, cette poussière volante, ces regards insistants et ces négociations incessantes pouvaient nous exténuer. Pourtant, j'ai l'impression de respirer. Même si ce n'est pas le grand air frais de la Bekaa, je respire la vie, le dynamisme de ce pays prêt à tout pour avancer malgré les prévisions alarmistes des experts. 

Je me souvenais néanmoins de ces regards noirs et inquisiteurs qui se jettent sur moi, de ces questions intimes que l'on me pose sans une once de gêne, de ces sourires pervers et déplacés qui me dégoûtent toujours autant. Je reprends ma vie parallèle, mariée, deux enfants, pour couper court à toute proposition indécente. Et si je n'ai pas de bague au doigt, c'est juste que j'ai oublié de la remettre ce matin, bien évidemment. 

Je me souviens que ces paires d'yeux braqués sur moi, j'arrive progressivement à en faire abstraction. Dans quelques jours, je me sentirai ici chez moi comme si je n'étais jamais partie. Si seulement ce serveur pouvait arrêter de venir me demander toutes les cinq minutes si tout est ok, si je veux changer de place pour ne plus être au soleil. Non, je n'ai pas trop chaud, j'aime le soleil, moi !

Après quelques rendez-vous contextuels, je rentre demain dans le vif du sujet, à la rencontre d'habitants de Beyrouth auxquels on ne prête qu'une piètre attention : les ouvriers syriens qui bâtissent jour et nuit le nouveau visage du pays. Avec pour unique objectif de réussir à les mettre en confiance pour qu'ils me livrent leur histoire tourmentée, leurs angoisses et leurs espoirs sans tabou, sans retenue, mais avec sincérité et honnêteté. Des échanges qui, je l'espère, sauront franchir les barrières des préjugés pour que je puisse atteindre le plus profond d'eux-mêmes. Beyrouth, tu sais tellement donner...

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11 septembre 2012

Nouveau départ en musique

A peine montée dans la voiture et hop, c’est reparti ! Regarder Paris s’éveiller doucement, sous cette pluie fine qui s’abat sur le pare-brise, alors que je bouillonne déjà de l’intérieur. Bercée par Roy Orbison, je ne m’apprête pas à faire ma pretty woman mais compte bien faire le plein de rencontres et repartir avec ma valise remplie de beaux souvenirs. A l’approche de Roissy, Take my breath away raisonne dans ma tête, les avions décollent et se croisent, filent vers de nouveaux horizons. J’imagine Maverick suivre leur route sur sa moto dernier cri, Ray Ban sur le nez, son blouson 80’s sur le dos. J’ai mal au ventre comme à chaque fois que j’arrive au milieu de ce chassé-croisé de voyageurs aventuriers. Je retrouve cette légère angoisse de l’imprévu qui me tient en vie. Tant d’histoires, de déchirures, de retrouvailles se déroulent ici. Comme une explosion d’émotions que personne ne parvient à canaliser. Ces yeux qui pétillent, ces larmes qui coulent, ces regards plein d’espoir, ces visages qui se décomposent. Les filles se remaquillent aux toilettes et là, c’est la vie en rose qui défile, vitrine d’une France qui s’accroche à son passé pour ne pas faire face à sa chute vertigineuse.

J’enchaîne trois cigarettes rapides comme si elles pouvaient me permettre de tenir plus longtemps, comme si ces bouffées de fumée pouvaient absorber un peu de cette excitation qui me transperce. Dans quelques heures, je sortirai du Rafic Hariri International Airport. Je retrouverai ces visages, ces odeurs, ce doux accent qui chante, ces rues animées et peut-être une tension qui s’est progressivement réinstallée. Reprise des négociations sous un soleil de plomb. Aich fi Beirut, pour ne pas se faire rouler. Direction Furn el Chebbek pour un séjour d’une grande intensité. Beyrouth, tu m’avais manqué. 

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05 décembre 2010

Pics

New pics in "Beyrouth" & "Around Lebanon"

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30 novembre 2010

Une journée ordinaire

7h30  . Arrivée à Charles Helou. Comme d'habitude, les chauffeurs de cette gare routière sordide se jettent sur moi comme des vautours. Désolée, je ne satisferai personne aujourd'hui. Je viens prendre le bus. Direction Tripoli pour RDV à 10h. 8h.  Le bus n'est toujours pas là. L'odeur de pisse et d'égouts qui rôde par ici commence à me donner la nausée. 8h15.      Les gens autour de moi se lèvent. L'attente a l'air de les exaspérer, malgré la notion si particulière du temps qu'ils ont su développer dans cette région du monde. 8h22  . Le bus arrive enfin. Je viens d'allumer une dernière cigarette avant la route qui m'attend. Le conducteur, après cinq bonnes minutes de fourire avec le guichetier, a maintenant l'air pressé. Il me jette un regard impatient. Ok, je la jette. Le bus est presque vide. Je m'installe tranquillement, toujours à ma place favorite, à côté de la fenêtre. Au bord du gouffre. La climatisation est d'une fraîcheur frissonnante mais le soleil déjà bien levé me réchauffe les joues à travers la vitre. Je ne me lasse pas de cet autostrade chaotique qui longe la côte jusqu'au nord du pays. Ces femmes en 4 par 3 aux postures aguicheuses, ces innombrables boutiques où personne ne semble jamais oser s'aventurer, ces successions de super night clubs énigmatiques, et toujours, cette mer bleue marine à perte d'horizon. Après les encombrements traditionnels de Jounieh, banlieue nord de Beyrouth devenue le foyer d'expatriation de nombreux chrétiens de la capitale, le trafic se fluidifie enfin. Après Jbeil, à partir de Batroun, les collines se désurbanisent, la nature reprend ses droits. Dans le lit des rivières asséchées, de charmants petits villages se sont néanmoins implantés. Parfois, sans trop savoir pourquoi, une montagne colonisée par la verdure fait face à un roc désertique aux reflets dorés. Le Liban a dû être un beau pays dans son passé. Plus loin, l'autoroute se décroche de la mer, avant de rejoindre la triste baie de Tripoli, fief inconditionnel du clan Hariri. Les collines s'affaissent et laissent place à d'immenses champs d'oliviers. Je ne sais pas pourquoi je n'aime pas cette ville. Peut-être parce que je ne la cerne pas. Peut-être parce que j'y sens une islamisation  plus radicale qui me met un peu mal à l'aise. 9h50.      Le bus nous dépose sur le rond point central, où nous sommes accueillis par une immense sculpture en l'honneur d'Allah. J'ai rendez-vous avec le responsable de l'Office des Eaux du nord, sans trop savoir bien évidemment où se situent ses bureaux. Loin du multilinguisme beyrouthin, je peine à me faire comprendre par les quelques passants que mon regard égaré interpelle. "City Hall" (à partir de la Mairie, je devrais m'en sortir). "You look for city mall ?" Non, pas vraiment. Pas le temps de faire du shopping malheureusement. Merci, je vais me débrouiller. Je me retrouve enfin devant la Mairie de Tripoli, gardée par une armada de soldats armés. Je crois que le Liban est le seul pays où les militaires ne me rassurent pas. Me voyant approcher, l'un d'entre eux m'adresse un clin d'oeil suggestif. Je commence à comprendre pourquoi Gros Nounours réussit à rassembler. Lui seul peut prétendre défendre sérieusement ce pays contre l'ennemi. Certainement pas ces jeunes frustrés qui passent leurs journées à mater le moindre vagin sur pattes qui pourrait les divertir (Excusez-moi pour cette vulgaire expression, mais c'est souvent l'impression que la gent féminine peut ressentir en se promenant ici...!). Bref, là aussi, la communication est chaotique. "I am looking for the water office of Tripoli". Et le voilà qui me tend gentiment sa bouteille d'eau. Non merci, j'en ai une dans mon sac ! (Croyait-il vraiment que je pouvais lui demander de boire dans sa bouteille ??!!). Tout ça pour finalement trouver toute seule ce fameux bureau où un homme d'une amabilité massacrante m'attend. Il m'invite à m'asseoir, ce que je fais gentiment. Il n'a pas l'air d'un rigolo. Me demande ce que je veux. Texto. Après avoir été interrompu par des coups de téléphone incessants, ce cher fonctionnaire me dit qu'il ne peut pas répondre à mes questions, sans l'accord du Ministère. Pour ma défense, je le harcèle depuis la fin du mois d'août pour qu'il l'obtienne. Je me lève et part pas très gentiment, sans au revoir ni merci. Plus que sur les nerfs. Coca light, clope en terrasse, et cette mouche qui me tourne autour. Dans ces moments, un simple insecte peut tout faire basculer. Les nerfs finissent par lâcher. 

 

C'est reparti pour le bus, cette fois-ci au complet. Ce couple qui s'installe, cette  femme voilée de la tête aux pieds, gantée et chaussetée de noir intégral. Il ne vaut mieux pas qu'elle vienne en France en ce moment celle-là. Le choc thermique risquerait de l'achever. Je me retourne quelques fois pour les observer. Je prierais ce cher monsieur d'arrêter de lui caresser le bras en douce. Cela m'indispose. Qu'il assume au moins ce qu'il lui inflige. Cette jeune étudiante qui s'assied à côté de moi, un dictionnaire de français posé bien en évidence sur les genoux. La mixité dans les bus, ce n'est pas très bien vu. Je ne suis pas d'une humeur très bavarde. Elle aurait pu devenir une amie, au moins une connaissance, mais tant pis. Ma playlist estivale du Skybar résonne à fond dans mes oreilles. Je fais tout pour que mon énervement s'évapore dans ces rythmes aliénants. Et j'observe, et je refais ce monde dans ma tête. Cette urbanisation anarchique, cette guerre qui a tout bousillé. Ce culte de la personne, et ce manque de respect et d'intérêt pour l'autre. Ces files d'attente où l'on vous passe devant, sans une once de gêne. Ce couple de vieux dans ce gros 4X4 flambant neuf, avec cet homme plutôt chic, pull en cachemire beige, chemise à l'italienne, qui n'a pourtant pas échappé à la règle de la blondasse refaite et décolorée. Ces checks points de pacotille qui ne servent à rien, à part rajouter des bouchons aux kilomètres que l'on va déjà se coltiner plus bas. Comme si Gros Nounours ou le chef du Mossad pouvaient un jour avoir la bonne idée de passer par ici incognito. On veut prouver qu'on gère. Toujours ce culte de l'apparence. Derrière le rideau, derrière le voile, le néant. Cette publicité que je croise souvent où une jeune femme pose allongée, un solitaire dans le décolleté avec un slogan désarmant de simplicité : "Mon bijou, mon droit". J'aurais peut-être dû penser au mariage avec mon petit chirurgien. Je serais certainement devenue un peu plus stupide, mais mon placard se serait subitement rempli de sacs Vuitton (Jérôme Dreyfuss de préférence mais ici, on aime quand ça claque), de solitaires indécents et d'escarpins Louboutin. Il faut faire des choix dans la vie, n'est-ce pas ?! Cette voiture défoncée et rafistolée avec des morceaux de carton et du gros scotch marron. Ces vieilles Mercedes à l'allure incroyable qui ont au moins le mérite de colorer le décor.

 Ce vieil homme  assis au bord de la route qui sirote son Coca entre deux taffes de cigarette. Le regard éteint, face à son Liban qu’il ne doit plus reconnaître. Face à ces clichés tellement évidents qu’ils n’en deviennent plus crédibles. Cette société factice où tout brille toujours trop pour être bien réelle. Cette façade toujours lisse et clinquante qui cache pourtant tant d’histoires, tant de déchirures. Cette fuite en avant qui ôte aux choses toute leur beauté et leur sensibilité originelle. Avec toujours cette question éternelle qui demeure. Liban, qui es-tu vraiment ? 

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17 novembre 2010

Une quête sans fin

Il y a ces journées où vous savez instinctivement que le téléphone ne va pas sonner et où vous n'avez pas le courage de relancer encore, et encore. Ce sera une journée en solitaire. Je prends sur moi. Nul besoin d'être accompagnée pour aller se prélasser autour d'une piscine. Et puis, la solitude permet de prendre conscience de soi-même, de ses limites. De toutes ces choses que l'on fait naturellement accompagné et qui disparaissent subitement avec l'absence de l'autre. Cette angoisse qui vous noue le ventre. Ces regards habituellement insignifiants qui deviennent menaçants. Cette habitude de négocier un taxi qui devient un véritable challenge. Cette envie de courir loin, de s'enfoncer sous terre. De fuir toutes ces paires d'yeux qui me déshabillent avec tant d'insistance que j'ai l'impression d'être nue comme un vers. Comme dans ce mauvais rêve que tout le monde a au moins fait une fois. Dans ce café tendance de la rue Hamra, je sens le regard gêné des gens qui m'entourent. Le serveur me demande à deux reprises si je veux commander ou si j'attends quelqu'un. Dans ce pays où l'apparence est le sens ultime des vies qui défilent, la solitude doit être une honte absolue. J'assume. Un autre serveur prend un air de compassion et me dit qu'il est là, si j'ai besoin de quoi que ce soit. Je commence à comprendre ce qu'ils insinuent par "quoi que ce soit". Merci, tout va bien. Je mange un croque monsieur revisité en dévorant les pages de L'usage du monde, subjuguée. 

La seule personne avec qui je vais réellement communiquer aujourd'hui est le chauffeur de taxi qui me ramène chez moi. Malgré mes progrès notoires en arabe ces derniers temps, je peine à déchiffrer ce qu'il tente de me dire. Certains gestes parlent d'eux-même. De sa boîte à gants noire défoncée par trop d'années de violence, il sort une petite fiole de whisky qu'il boit au goulot. Je me regarde dans le rétro, assise là-devant, à côté de lui, éblouie par le rouge vif des phares qui filent autour de moi, et me demande encore un e fois où je suis, ce que je fais ici. Il est 16h30, la nuit commence à tomber. Les ampoules dénudées commencent à éclairer les ruelles étroites des quartiers populaires de Beyrouth Ouest. Le muezzin fait écho au carillon de l'église maronite de mon quartier. Les phares s'allument, les klaxons retentissent. En cette période de fête musulmane, la tombée du soir sonne comme le début du jour. Loin des femmes voilées qui fument la chicha sur les terrasses de Hamra, je retrouve les pétasses de Saifi perchées sur leurs hauts talons, leur sac Vuitton nonchalamment jeté sur leurs épaules dénudées. J'entends le crissement des pneus de cette Ferrari rouge qui réussit toujours à se faire remarquer. Je passe en coup de vent chez Paul, d'où je ressors une baguette sous le bras, et jette un coup d'oeil furtif à la grande mosquée d'Hariri qui brille de mille feux. Elle fait désormais partie de mon décor. C'est ma nouvelle Tour Eiffel. Mon point d'orientation dans cette Beyrouth qui porte si bien son nom.  

La solitude me laisse néanmoins le temps d'observer, de prendre du recul. Je ris intérieurement en voyant ces bourgeoises d'Achrafieh aux tables de chez Paul, simple boulangerie qui prend ici des airs de trois étoiles. Ces femmes apprêtées, habillées comme nos tradi catho de Varenne ou de Solferino, collier de perles, sac Hermès. Ces hommes gominés, qui commencent à se ruer dans les bars de Gemmayzé. Oui, Beyrouth porte bien son nom. C'est un immense chantier dans lequel chacun se perd, Libanais, touristes, expatriés, à la quête de sa véritable identité. 

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31 octobre 2010

Comme souvent...

5h53. Le jour s'est déjà levé, il est temps que j'aille me coucher. Je n'aurai pas mis beaucoup de temps à me remettre dans le bain des nuits libanaises. Comme souvent, une soirée imprévue, une rencontre au détour d'une rue qui se termine dans une boîte plutôt animée. Absolut sur la table, cigare dans la bouche de Justin, musique orientale qui n'en finit plus. Déhanchements hésitants histoire de ne pas retomber par terre mais une fiesta assurée jusqu'au petit matin. Comme souvent...

Je m'initie à la danse ondulante et suggestive locale, entre deux mots échangés avec nos voisins qui se rapprochent. On ne reste jamais seul très longtemps au Liban. Destination finale : le BO18, comme souvent. Une chute aux enfers. Cette boîte électro nichée dans un parking d'une zone industrielle désaffectée rameute les plus grands DJ mais aussi et surtout les fêtards extrémistes de Beyrouth. Grâce à son toit coulissant qui s'ouvre sur les étoiles, on distingue petit à petit l'aveuglante lumière du soleil qui se lève. 

6h. Les cloches de l'église orthodoxe se mettent à sonner. Vite, vite, il faut que je m'endorme, avant de n'être réveillée par les chants lancinants du minaret voisin. Les yeux piquants fatigués par trop de fumée, la tête un peu tournante, un sentiment de satisfaction d'avoir passé une si bonne soirée. Comme souvent. Merci Beyrouth.

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22 septembre 2010

La vieillesse me guette

Vingt minutes pour parcourir le chemin qui sépare le métro Saint Sébastien Froissard de la rue du roi doré... Je dois admettre que je ne suis pas très en forme. Je découvre les charmes inéluctables de la vieillesse, cette difficulté à se baisser, à s'asseoir et même à s'habiller. L'épreuve du jean et des chaussures est une véritable torture. Dans les couloirs de la RATP, j'attire quelques regards compatissants. Dans les rames du métro, un homme d'une soixantaine d'années, ayant capté quelques brides de ma conversation téléphonique, tente de me rassurer : "ça fait mal mais ça se répare tout seul. Vous verrez quand vous aurez mon âge, quand on n'a plus mal en se réveillant le matin, c'est qu'on est mort". Merci, je m'en souviendrai ! Lors de mon deuxième rendez-vous post-radio chez l'ostéo, j'apprends que c'est un peu plus grave que prévu. Deux os sont bel et bien cassés. Métro, bus et marche devront donc attendre quelques semaines...

N'étant pas d'une nature très casanière, et peu attirée par les journées DVD/bouquins devant la télé, je m'autorise une petite sortie par jour. Naturellement toujours accompagnée de mon petit coussinet, d'une couleur absolument très discrète. Autant prendre ça avec dérision, non, non, je n'ai pas honte du tout... !

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Ma Popote passe d'une gentille hôte à une véritable aide soignante. Cette expérience est comme un avant-goût de ce qui attend la plupart d'entre nous. Et vraiment, ça fait peur !

Les trajets en taxi et bus sans amortisseurs sur les routes libanaises me terrorisent un peu pour le moment... donc mon retour à Beyrouth patientera un peu. Tout comme mes projets de déhanchement sur les dancefloors et podiums parisiens..

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08 septembre 2010

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New albums "Sur les routes syriennes" et "Istanbul"

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31 août 2010

Istanbul, mes images imaginées

Une arrivée douce avec une température plutôt fraîche, quel bonheur ! J'avais presque oublié la sensation d'un frisson. Mon chauffeur de taksi ne parle pas vraiment anglais mais il a un visage sympathique. J'espère juste qu'il ne va pas m'arnaquer. Je rêve d'une pause dans les négociations.

A peine dans la voiture, je me mets à écrire dans ma tête. Je sais qu'au bout de quelques minutes dans la ville, j'en aurai déjà oublié mes images imaginées. Je vois une ville bouillonnante, riche de ces multiples cultures qui la peuplent. Je vois des souks côtoyer des restaurants modernes. Je vois des vendeurs ambulants cohabiter avec des jeunes branchés au look tektoniké. J'imagine une cité mystique, rêveuse, la ville des 1001 nuits. Des étoiles, des mélanges improbables, des soirées endiablées. Malgré la fatigue accumulée par cette longue nuit blanche, je tente de garder les yeux grand ouverts. Je vis le moment préféré de chacun de mes voyages. Les premiers aperçus à travers les vitres de la voiture, mes premières impressions. L'inconnu. Encore une langue que je ne comprends pas mais que je parviens quand même à lire, même si ces enchaînements de lettres se prononcent difficilement dans ma tête. 

Rapidement, je vois la mer, son va-et-vient incessant de cargos dans cette brume matinale. J'imagine le Bosphore surchargé, un peu comme mes images imaginées des canaux vénitiens, où embarcations sommaires et gros navires se croisent dans un chaos pourtant organisé.

Quelques minutes plus tard, j'entre dans le quartier de Sultanahmet. Je crains les réservations d'hôtel sur internet. Publicité mensongère omniprésente. Pour une fois, ma méfiance n'a pas de raison d'être, je suis déjà conquise. Un labyrinthe de rues pavées bordées de maisons traditionnelles en bois coloré. Un peu comme mes images vécues des villes nordiques, dans une ambiance orientale. Un accueil anglophone plus qu'agréable m'attend à l'hôtel. Je déguste mon premier black tea turc sur la terrasse. Bien sûr, mon taximan m'a roulée, mais je n'avais vraiment pas la force de parlementer. Dans quelques heures, mon petit Rom va me retrouver. Il se chargera de faire baisser les enchères. Je compte bien l'initier à ce petit jeu qui commence à me lasser. Je suis si contente de le revoir après ces trois mois et demi de distance, et tellement heureuse de partager cette nouvelle découverte avec lui.

Ma fatigue s'est évaporée. Une sieste s'imposera, c'est certain mais hors de question que je perde mon temps dans une chambre d'hôtel. Hors de question que je passe à côté de cette ville qui me fait tant rêver. Mes jours sont comptés. Istanbul, ma prochaine destination... ??!! Haha.. ! Et si cela ne s'arrêtait jamais ? Il faudrait que je cesse d'imaginer, ça bloquera peut-être un peu ma curiosité...

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30 août 2010

Sur les routes syriennes

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Après trois mois de travail (intensif nécessairement), une semaine de vacances s’impose. La Jordanie étant avortée, je me joins à Guillaume et Paulin pour un road trip sur les routes syriennes. Près de 1 000 km en cinq jours à travers des paysages désertiques sublimes. Gentiment installée à l’arrière, je scrute l’horizon, et gère simplement l’allumage de clope du conducteur et l’achat de gâteaux pour le goûter. Ma mission me convient. J’exige quand même quelques pauses photo, un jeu auquel mes chauffeurs se prêtent avec plaisir, et même avec beaucoup de rigueur. Ces longues routes rectilignes me rappellent mes kilomètres parcourus dans l’ouest américain. Le désert rocailleux à perte de vue, cette lumière orangée du soir qui donne un peu de relief à ces paysages souvent platoniques. Cette chaleur suffocante qui s’engouffre dans notre petite Kia, dès qu’on jette quelques cendres dans l’air. Heureusement, nous croisons, sur notre route, quelques Bédouins aux visages hâlés, marqués par une vie difficile dans une nature hostile. Des figures mythiques coiffées d’un traditionnel chèche, enjambant de vieilles motos customisées qui soulèvent le sable sur leur passage. Nous trouvons aussi quelques fabuleuses oasis, dont ce magnifique lac émeraude, le lac Al-Assad. Je revois encore mon arrivée sur le lac Powell. Une eau limpide, un air de bord de mer tellement le lac est grand, personne à l’horizon. Sauf quatre touristes français que nous retrouverons (malheureusement !) tout au long du voyage. Vive le Routard !

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Un stop à Deir Er Zour, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière irakienne, avant de filer vers Palmyre. Un peu comme le Taj, les photos vues auparavant ne gâchent pas la surprise. Même si les ruines et les sites historiques ne me passionnent pas, je dois dire que celui-là mérite vraiment le détour. Une balade nocturne puis un réveil matinal à 5h nous permettent de découvrir le site sous toutes ses coutures. Mes chauffeurs farceurs me laissent les conduire quelques instants, une chance dont je profite allègrement… !

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Loin du SkyBar, nos soirées sont beaucoup moins alcoolisées, ce qui n’est pas plus mal pour équilibrer mon taux d’alcoolémie de ces derniers mois. Parties enflammées de yams et chicha remplacent, le temps de quelques jours, les dance floors endiablés de Beyrouth. Après mes quelques désagréments libanais, ce calme et ce dépaysement me font le plus grand bien. Mais le rythme s’accélère à nouveau ! Retour à Beyrouth depuis deux jours, départ à Istanbul demain, mariage en Bourgogne ce week-end, une semaine à Lyon, un petit tour au Festival Visa pour l’Image à Perpignan, quelques jours à Ste Max, puis une dizaine de jours à Paris… J’ai bien hâte de poser mes valises quelque part… !

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