29 novembre 2009
Away we go
Le réalisateur des Noces Rebelles a de nouveau frappé. Devenu maître des films sur le sens profond de la vie, et notamment de la vie à deux, Sam Mendès propose un road movie poignant, presque bouleversant. Rare sont les films qui parviennent à tout remettre en question en quelques dizaines de minutes. Away we go en fait partie.
Des questions pourtant simples que je ne suis visiblement pas la seule à me poser... Faut-il partir toujours et encore pour enfin ressentir l'envie et le besoin de revenir ? Faut-il se forcer à ne pas avoir d'attache pour pouvoir enfin apprécier le peu de choses qui nous attendent ?
13 novembre 2009
Autant en profiter... !
Mes premiers crédits photo sur Géo, en attendant la publication d'un vrai reportage photo sur l'Inde... :
Guide de voyage sur Bombay : présentation générale et côté pratique.
Guide de voyage sur Pondichéry : conseils et côté pratique.
03 novembre 2009
Où est-il ?
Je me disais bien qu'une session d'épuration des feux rouges avait dû être mise en oeuvre. A l'approche des jeux du Commonwealth, Delhi se sépare de ses mendiants claudicants. La ville prend une autre allure, avec son métro extérieur qui sillonne les quartiers du nord au sud, et ses multiples parkings encore en travaux.
Je n'ai pas revu mon petit pote du feu rouge. Le carrefour sous le Flyover de Moolchand était vide de vendeurs de magazines. Je ne sais pas où il est passé mais il a bel et bien été déplacé...
http://www.aujourdhuilinde.com/actualites-inde-des-rues-sans-mendiants-a-new-delhi-avant-les-jeux-du-commonwealth--4270.asp?1=1
01 novembre 2009
Ce n'est qu'un au revoir
Après un aller retour rapide à Agra pour que Zoé puisse admirer la splendeur du Taj Mahal (je précise que même pour une seconde fois, la magie est toujours au rendez-vous), nous profitons de nos derniers instants à Delhi pour faire quelques dernières emplettes et s'imprégner une dernière fois de l'atmosphère indienne.
Notre départ approche. Je ne veux pas rentrer. Je me remets à penser que je serai peut-être heureuse en vivant ici. Peut-être plus à Bombay où je serai sûre de trouver rapidement quelques repères malgré ces contrastes saisissants qui pourraient à force ébranler le sens que je souhaiterais donner à ma vie.
Je décide de passer mes derniers instants ici avec ceux qui m'ont épaulée lors de mon dernier séjour, avec ces personnes chères qui ont partagé des moments marquants de ma vie. Nous retrouvons l'équipe d'Altios au complet dans un restaurant un peu chic de Vasant Vihar, dans le sud de Delhi. J'ai bien sûr insisté pour que Karan soit parmi nous, malgré sa gêne apparente. Je n'ai pas envie de le quitter. Je sais qu'il ne trouve pas sa place ici mais il m'était impossible de l'évincer de cette soirée. Ish connaît ma sensibilité à ce sujet et fait de son mieux pour que Karan se sente plus à l'aise. Cela a l'air de fonctionner.
Karan accepte de partager une cigarette inhabituelle avec moi. Je sens l'émotion monter et je crois que cela est partagé. Karan a décidé de me faire pleurer... Il sort de son sac un joli cadeau bien emballé qui m'est destiné. Je ne sais comment le remercier sans trop le gêner. S'il savait à quel point ses attentions me touchent. S'il pouvait un jour, même une seule minute, arrêter de m'appeler Madame et me considérer comme quelqu'un d'égal et non plus de supérieur. Le dîner touche à sa fin. Il est temps de rejoindre l'aéroport. Je n'ai pas changé depuis l'an dernier. Les départs ne sont toujours pas ma spécialité. Le peu de choses qui m'attendent à Paris ne suffisent pas pour me donner envie de les retrouver. Mais les vacances sont bel et bien terminées.
5h45 ce matin, après huit heures de vol, notre avion se dépose avec délicatesse sur le tarmac de Roissy. Nous sommes accueillies par une agréable bruine hivernale. J'ai l'impression d'avoir des boules Quiès dans les oreilles tellement Paris me semble silencieuse. Demain, retour au bureau... J'ai du mal à me dire que tout juste hier matin, mes petits yeux fatigués étaient éblouis par le Taj. Mes petits yeux sont encore fatigués mais ne distinguent rien à l'horizon. Dans quelques jours, je sais que ma petite vie aura repris son cours.
En tout cas, ce voyage était magique. J'ai remporté cette revanche haut la main et je prépare déjà la belle, peut-être à nouveau pour une plus longue durée.
31 octobre 2009
Pics
New pics in "Back to Delhi", "Agra-Taj Mahal" and "Bénarès"
30 octobre 2009
Last days in Delhi
Mes trois premiers jours à Delhi m'avaient laissée perplexe quand à la suite de mon voyage. Je me sentais vide, et presque coupable de me sentir si vide. Bénarès puis Calcutta et les rencontres magiques de Bombay m'ont montré à quel point je n'avais pas encore fait le tour de l'Inde. J'y ai attrapé un virus dont je ne suis pas sûre de pouvoir guérir un jour.
Après dix jours de périple, je suis contente et excitée de retrouver cette ville que je connais et maîtrise. Le voyage touche à sa fin. J'ai l'étrange sensation paradoxale que les jours se sont enchaînés à une vitesse fulgurante tout en ayant l'impression d'être ici depuis des mois. La grisaille parisienne me paraît bien loin après 15 jours de soleil sans nuage à l'horizon. Les journées sans fin de mousson aussi. Mon Inde a cette fois-ci été calme et généreuse. Peut-être aussi me suis-je habituée à ses caprices répétitifs.
Durant ces trois derniers jours, je me transforme en véritable pretty woman, enchaînant les différents marchés de la ville, chacun avec leur spécialité : Khan Market pour récupérer mes vêtements sur mesure, PaharGanj pour orner mes mains de bijoux argentés, Dilli Haat pour pratiquer ces longs moments d'intense négociation pour des foulards en soie à 2 euros à peine, Defence Colony pour m'assurer un stock suffisant de cigarettes bon marché me permettant de tenir tout l'hiver en toute sérénité.
Ces derniers jours dans la capitale indienne nous offrent l'occasion de renouer contact avec les Indiens que nous avions rencontrés à l'aller. Je reçois jeudi dans la journée un texto d'un numéro inconnu qui me demande si nous sommes toujours ok pour aller boire un verre. Persuadée qu'il s'agit des quatre Indiens de la terrasse du Stone, j'accepte l'invitation. Nous les attendons donc en bas de notre hôtel à 21h sans trop se souvenir ni de leur prénom ni de leur visage. Mais ce n'est pas ceux que nous attendions qui arrivent. C'est un autre, un des deux qui nous avait ramenées en voiture le même soir. Peu importe. Nous passons une bonne soirée malgré un étonnement certain lorsqu'il nous propose d'acheter de l'alcool et de boire dans sa voiture... Nous parvenons à le convaincre de l'option bar. C'est très particulier d'être une Blanche dans ce pays. Comment savoir si les gens sont sincères ou intéressés ? Comment les croire lorsqu'ils vous disent que vous avez de jolis yeux ? N'est-ce pas juste parce qu'ils n'ont pas l'habitude de voir du bleu ? Quelle image ont-ils vraiment de nous ? Ces questions resteront probablement sans réponse même si j'essaye de mettre de côté ma certaine naïveté.
Pics
New pics in "Bombay" and "Kolkata B&W"
29 octobre 2009
Un fourire en solo
Malgré le désordre qui règne dans les grandes villes indiennes que j'ai parcourues, les Indiens paraissent souvent disciplinés ou du moins respectueux des lois en vigueur dans leur pays. Je m'attarderai ici sur la réglementation relative à l'interdiction de fumer dans les lieux publics, entrée en vigueur l'an dernier. Plus un Indien ne songe à allumer une cigarette dans un restaurant ou sur le quai d'une gare. Je ne sais pas pourquoi l'Inde va toujours dans les excès. Certaines terrasses et tous les parcs sont eux-aussi devenus non-fumeurs.
En tant que petite Française pas toujours très disciplinée, il m'arrive d'enfreindre ces interdictions, feignant bêtement de ne pas savoir. A de nombreuses reprises, des Indiens, des civils je veux dire, viennent me voir et me fixent de leur regard noir pour me faire comprendre que je suis une hors-la-loi. J'ai du mal à imaginer un Français me demander d'éteindre ma cigarette sur le quai de la gare...
Mais alors, ce soir, l'Inde a explosé ses limites. Difficile de supporter les 17 heures de trajet qui me séparent de Delhi sans m'ingurgiter quelques doses de nicotine certes espacées mais toutefois régulières. J'ouvre discrètement la porte du wagon alors que le train est en marche, pour faire un peu comme dans les films. A bord du Darjeeling Limited. Le contrôleur passe comme par hasard à cet instant précis et me demande fermement de refermer la porte "because it is not safe". Depuis quand se préoccupe-t-on de la sécurité dans ce pays ??! J'imagine qu'une petite Blanche écrasée sur les voies ferait plutôt mauvais genre.
Plus tard, je vois deux Indiens fumer une Goldflake qui fait mal à la gorge entre les deux wagons. Je me joins donc à eux pour partager ce moment important de mon voyage. Ils m'informent juste que je risque une amende de 100 roupies (1,60 euros). Ma cigarette n'a pas de prix. Et voilà que le contrôleur me chope à nouveau en pleine action. Il me fait ses gros yeux noirs et m'annonce que je vais devoir m'acquitter d'une amende de 500 roupies. Alors là, j'explose de rire... Si même les officiels se mettent à vouloir m'arnaquer ! Je lui souris gentiment, convaincue que je ne lui donnerai jamais la somme qu'il me réclame. Un sourire lui a apparemment suffit. Ok pour cette fois. Et là, tout fier de lui, il me montre la porte des toilettes. Je feins de ne pas vouloir comprendre où il veut en venir. Mais si c'est bien ça : "next time you want to smoke, just go into the toilets because here, you are disturbing people"... C'est une blague ??! Un flic qui vous conseille de fumer vos clopes en cachette enfermée dans les toilettes ! Définitivement, l'Inde me surprendra toujours...
Alors, comme une petite Française qui apprend à être disciplinée, je me dirige discrètement vers les toilettes fumer une dernière cigarette avant que le marchand de sable ne passe. J'ai l'impression de retourner en enfance quand je fumais ces premières cigarettes en cachette. Ces cigarettes fumées à la va vite qui me faisaient tourner la tête. Je me doute bien que dans ces trains d'antan, il ne doit pas y avoir de détecteur de fumée mais bon maintenant, je préfère être prudente. Je me retrouve donc debout sur la cuvette des toilettes, oui parce que la mini-fenêtre est trop haute et qu'elle ne s'ouvre qu'un tout petit peu. Je me voyais dans la glace et j'ai beaucoup ri, comme ça, toute seule...
27 octobre 2009
Des Slumdog pas millionnaires
Il y a des moments qui vous submergent non pas de tristesse mais d'une émotion dont vous ne comprenez pas grand chose. Aujourd'hui était une bonne journée avec des bons moments comme je n'en ai que rarement vécus.
Après le Bombay colonial et très middle class, il était temps de partir à la rencontre de ces délaissés de la croissance. Capter le contraste de Bombay.
Direction Malabar Hill, Banganga Tank. Au bout de la baie de Bombay, au milieu de maisons sublimes dans lesquelles je n'aurai jamais les moyens de vivre, devant cet océan qui s'étend à perte de vue, il y a le petit village de Banganga Tank. Un petit étang entouré de ghâts, des ruelles étroites et poussiéreuses, de petites maisons plus que précaires, un accueil surnaturel, des enfants attachants auxquels on aurait envie de tout offrir. Voici le premier bidonville que je découvre. Les habitants de Banganga Tank appartiennent à la caste inférieure des blanchisseurs, ces gens qui passent leurs journées à laver votre linge. Des jeunes femmes s'affairent dans des lavoirs à l'eau noirâtre, du linge sèche partout, notamment face à la mer sur ces rochers sombres qui attirent le soleil.
Les petits enfants de Banganga Tank sont intrigués et me demandent de nombreuses photos que je leur offre sans concession. Certains m'invitent même dans leur maison. J'ôte mes chaussures et pénètre dans l'unique pièce familiale. Il n'y a pas grand chose : quelques ustensiles de cuisine, un lit, des icônes religieuses mais aussi souvent un poste de télévision en couleur qui diffuse en boucle les derniers Bollywood. Cet endroit est magique. Les femmes y sont souriantes comme elles le sont rarement en Inde. Une Inde qui ne me choque plus mais qui m'apprend à relativiser beaucoup de choses.
En début d'après-midi, nous avons rendez-vous à Dharavi, le plus grand bidonville d'Asie notamment immortalisé par Danny Boyle. Il n'y a plus d'océan par ici mais une voie ferrée pas très loin et des tas d'ordures un peu partout. Nous nous infiltrons dans la première ruelle qui nous paraît chaleureuse. Vous n'imaginez pas le boxon que nous avons mis dans le quartier. Mon appareil photo facilite grandement le premier contact et je sais que les Indiens n'hésitent pas à dire non quand cela les dérange. Alors, j'appuye, je déclenche. Je me retrouve encerclée par une vingtaine de petits "slumdog" qui ne seront jamais millionnaires. Cette fois, je ne suis plus spectatrice, j'ai l'impression de faire partie du décor.
Je ne réalise pas trop que je suis ici. Les photos sont là pour me rappeler ces moments magiques que j'ai vécus. Un entrepreneur du quartier nous invite à boire un thé dans ce qui lui sert d'entrepôt. Il ne nous parle pas beaucoup mais il a l'air content de notre présence. Dehors, les enfants attendent. Certains osent timidement demander quelques roupies avant de se résigner.
Cet après-midi est magique, d'une magie qui vous marque et qui, bien sûr, vous fait réfléchir au sens de votre vie. Comment reprendre une vie futile après tout ça ? Vous voyez souvent des sourires si francs vous ? De voir ces gens accueillants, souriants et heureux avec si peu fait forcément un peu culpabiliser.
Mumbai, une ville de contrastes
Quatrieme etape de notre periple : la grande Mumbai. Nous survolons la ville et ses collines de bidonvilles avant d'atterrir dans celle qui merite mille fois le titre de capitale indienne. Comme a Calcutta, les vestiges de l'occupation britannique donnent a la ville un air assez majestueux.
Bombay ressemble davantage aux images que j'avais en tete. Une ville pleine de contrastes ou bidonvilles et tours modernes se cotoient dans l'indifference la plus totale. Je croyais les quartiers d'affaires encore plus modernes mais non, Bombay n'est pas encore New York.
Le centre de Bombay est d'un calme surprenant par rapport a l'agitation incessante de Delhi ou Calcutta. On apprend ici aux taxis a ne pas klaxonner et les rickshaws n'ont plus droit de cite. Je n'ai plus l'impression d'etre en Inde. Il y a des trottoirs, des restaurants, des magasins. Quelle douceur de vivre dans la pointe sud de la ville coincee entre deux eaux. La classe moyenne indienne se prelasse sur Marina Drive, la croisette locale, face a un coucher de soleil des plus fascinants. La vie ici doit etre tellement plus simple qu'a Delhi...
J'essayerai de repasser ce soir pour mettre en ligne quelques photos et raconter plus en details nos journees de decouverte.




























